Le Faux Rhum de Methos


 
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 Un homme en trop

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Cixi
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MessageSujet: Un homme en trop   Lun 2 Juil - 20:32

UN HOMME EN TROP

Ça y était. Les hommes avaient réussi… L’humanité s’était détruite, enfin presque.

La tempête s’était levée très vite et des trombes d’eau s’étaient abattues sur lui. Methos avait fini par trouver un abri dans un bâtiment pas trop délabré et qui ne risquait pas de lui tomber dessus. Il dégagea une vieille machine à laver rouillée du passage et se laissa tomber sur un canapé tout aussi miteux dans une pièce sombre. Paprika se lova contre lui, faisant reposer sa tête sur ses genoux. Il avait trouvé le chiot deux ans plus tôt dans une épicerie depuis longtemps abandonnée. Personne n’avait trouvé la réserve d’épices rares du propriétaire, depuis longtemps mort, jusqu’au chiot. Il s’était roulé dans le safran et le paprika à en devenir cramoisi. Le nom du petit bâtard s’était imposé de lui-même, même si l’ancien aurait préféré que l’animal ne trouve pas avant lui cette réserve inespérée d’épices désormais introuvables.
Methos avait enlevé son manteau pour le faire sécher et il essuya aussi son épée. Il n’avait pas rencontré d’immortel depuis longtemps, mais il prenait soin de son arme. Il caressa la tête de Paprika et se détendit. Il savait qu’au moindre bruit suspect, son compagnon à quatre pattes le préviendrait. Il était las, tellement las et malgré tout, la colère qu’il n’arrivait pas à évacuer l’empêchait de se laisser totalement aller. Il essaya de fermer les yeux mais deux choses s’imposaient à son esprit, les gens qu’ils venaient de perdre et des souvenirs plus anciens de Duncan et Amanda, et les deux lui faisaient très mal.



2056. Alors que les nations avaient réussi à éviter la guerre totale, celle qui aurait impliquée des armes de destructions massives ou l’arme atomique, les armées étaient toujours à la recherche de celle qui serait la plus meurtrière. Et quand on cherche… Ils avaient fabriqués un virus très virulent qui plongeait les humains et uniquement eux, dans le coma dans un premier temps, puis détruisait petit à petit le cerveau, conduisant à l’arrêt des fonctions vitales.
Un groupuscule altermondialiste avait eu vent de ces recherches et tenté de détruire le laboratoire. Mais en le faisant exploser, tout ce qu’ils avaient réussi à faire c’était de se contaminer eux-mêmes sans le savoir et de contaminer les autres. Ils avaient aussi détruit toutes les recherches s’y rapportant, celles qui auraient pu permettre la création d’un anti-virus. Le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions, il parait…
Les chercheurs qui avaient mis tout cela au point succombèrent trop vite pour trouver un remède. Les autres, même en s’isolant dans les endroits les plus reculés et hermétiques les suivirent bientôt. Lorsque tout fut fini, qu’il ne resta plus que des villes fantômes ou en ruines, il s’avéra qu’une infime partie de l’humanité avait survécu. Parmi eux, quelques millions de mortels et bien évidemment, les immortels.
L’humanité revint à l’âge préindustriel, mais sans y être préparée. Dans les mois qui suivirent, beaucoup de mortels périrent de maladies, de faim, de morts violentes pour une vieille boîte de conserve. Les plus malins se regroupèrent en communauté pour survivre ou parfois, furent regroupés. Ce fut le cas pour Duncan qui rassembla un maximum de survivant et leur apprit à trouver de la nourriture, de l’eau et à se défendre. Amanda et Methos le rejoignirent, au départ parce que la solitude leur pesait, ensuite ils finirent par croire au rêve du Highlander de recommencer un nouveau monde.
D’autres immortels avaient eu la même idée, mais plus par goût du pouvoir que par altruisme. Résultat, les communautés de survivants se faisaient la guerre, menées par des immortels qu’ils finirent par vénérer tel des gourous ou des dieux. Puis, il y eut des hivers plus rigoureux, des été caniculaires, les maladies. Bref, ce qu’il restait de l’espère humaine se réduisait comme peau de chagrin, qu’il s’agisse de mortels ou d’immortels. Parmi ceux-ci Duncan fut le premier de leur trio à y rester. A trois contre un, même le Highlander n’avait aucune chance. Amanda mit plus de dix ans, mais elle le vengea. Malheureusement, elle succomba à son tour peu après son retour au sein de la communauté.



Il s’était écoulé moins d’un siècle et Methos avait réussi à maintenir le rêve de Duncan en vie. Ils étaient environ un millier à vivre en paix et à prospérer. Peut-être le dernier millier… peut-être pas. Un jour, un homme au bord de l’épuisement était arrivé et avait parlé de quelques dizaines de survivants isolés, sans ressources et qui ne passeraient pas l’hiver. Alors, il était allé les chercher. Mais sur le chemin du retour, tout le groupe avait été pris dans un éboulement. Lui seul avait survécu.

Assis là, il se demanda si tenter de sauver l’espère humaine était une bonne idée, alors même que la Terre semblait vouloir les engloutir tous comme pour se venger de ce qu’elle avait subi. Cette idée de tout abandonner lui revenait souvent, mais il n’y avait jamais cédé et il savait qu’il ne le ferait pas cette fois encore. Il décida de dormir un peu en attendant que la pluie cesse, même si ses sommeils étaient trop hantés pour être vraiment réparateurs.



Methos s’approchait de chez lui, heureux à l’idée d’un repas chaud et d’une bonne bière. Et oui, parmi toutes les connaissances qu’il avait et tout ce qu’il avait apporté aux survivants, sa boisson favorite n’avait pas été oubliée.
Paprika sembla soudain nerveux et alors qu’il contournait la dernière colline, il vit des fumées sombres, peu accueillantes s’élever de la ville. Le vent tourna et il sentit l’odeur de brûler en même temps que les cendres venaient tacheter son long manteau de cuir noir. A cet endroit, il aurait dû déjà entendre les cris des enfants, les roues des chariots, le marteau de la forge. Tout ce qu’il entendait, c’était des piaillements et des grognements lugubres, des sons qu’ils connaissaient bien, qu’il avait trop souvent entendu, voir provoqués. Ça, plus l’odeur du sang qu’il connaissait encore mieux. Sa gorge de serra, mais il continua d’avancer, sachant déjà ce qu’il allait découvrir.
Il vit les premiers corps un peu plus loin, des corps que se disputaient les vautours et les loups. Il les fit fuir et s’approcha, découvrant les restes déchiquetés mais identifiables d’une famille qu’il connaissait. De toute façon, il les connaissait tous, tous les habitants de cette communauté. Il réprima un haut le cœur et continua son chemin. Son chien ne le quittait pas, désemparé par l’odeur du sang et la présence des chacals. Il ne s’était pas éloigné de 10 mètres que les charognards se remettaient à leur festin. Il ne tenta pas de les écarter, c’était inutile maintenant qu’ils avaient découvert cette manne providentielle.

Le plus ancien des immortels n’essaya pas de se cacher en avançant. Les fumées provenaient de la réserve d’huile et de celle de bois, c’est pourquoi elles se voyaient toujours. Le reste avait fini sa combustion depuis une bonne journée. Qui que ce soit qui ait fait cela, il n’était plus là. S’il y avait des survivants, ils avaient dû être emmenés comme esclaves. Mais plus Methos avançait, plus il découvrait de corps et moins ils avaient d’espoir d’en trouver des survivants.
Il découvrit enfin le village, calciné, ravagé, volatilisés. Certaines maisons avaient littéralement explosées avant de partir en fumée. En voyant un obus non explosé, il comprit en partie ce qu’il s’était passé et pourquoi son peuple n’avait pas pu se défendre. Ceux qui avaient fait ça l’avaient fait à distance avec des mortiers, restes d’une époque révolue. Le maire du village, Aaron, était affalé sur le cadran solaire de la place centrale. Aucun animal ne s’était encore attaqué à lui et lorsque Methos l’allongea sur le sol, il vit les traces d’impacts de balles laissées par une arme automatique.
Près d’un millier de personnes fauchées sans raison par des armes militaires. Pourquoi ? C’était ce qu’il avait envie de hurler, mais ce mot restait coincé au fond de sa gorge. Quand soudain une partie de l’explication se fit ressentir. Cette sensation ancrée au plus profond de lui depuis plus de 5000 ans mais qu’il n’avait pas ressentie depuis plusieurs dizaines d’années… Un immortel approchait.
Methos sortit son épée et espéra que celui qu’il allait sans doute devoir affronter saurait encore respecter les règles et ne pas le descendre avant de lui prendre sa tête sans combattre. Methos ne savait pas s’il avait encore vraiment envie de vivre, mais il voulait savoir qui et pourquoi.

L’homme déboucha d’un coin de rue, contournant ce qui avait été l’Hôtel de Ville. Il s’arrêta à une trentaine de mètres de Methos et les deux hommes s’observèrent. L’inconnu était à peu près de sa taille, blond, les cheveux longs mais propre. D’ailleurs ses vêtements aussi étaient de bonne facture même s’ils avaient été confectionnés avec les moyens du bord. Quelqu’un de soigné, dont le maintien même était emprunt d’une certaine élégance.
- Pourquoi ? demanda Methos assez fort pour être entendu.
- Parce qu’il ne doit en resté qu’un, répondit l’autre.
Cette phrase eut le don de mettre le plus ancien des immortels en rage. Cette excuse était peut-être valable entre immortel, mais pourquoi tous les autres étaient-ils morts ?
- Pourquoi eux ? insista-t-il.
L’inconnu regarda autour de lui comme s’il découvrait le spectacle pour la première fois, puis son regard se figea à nouveau sur Methos.
- Parce qu’il ne doit en rester qu’un… et parce que ça m’amuse, répondit-il à nouveau avec un sourire sur les lèvres.

Et Methos comprit.
Il avait affaire au plus dangereux des immortels. Il le connaissait, il l’avait déjà rencontré. Enfin, pas exactement lui, mais d’autres comme lui, comme Kronos. Ceux qui avaient reçu ce don incroyable de l’immortalité mais dont l’esprit avait déjà basculé du côté obscur. L’un des plus grand pouvoir de l’humanité donné à un psychopathe.
L’homme sortit son épée et s’avança.
- Je suis la fin du monde…
- Encore ! s’exclama Methos.
- … et vous êtes mort.
- Problème de conjugaison à ce que je vois, répondit Methos en sortant son épée à son tour.
Et le combat s’engagea.

L’homme était fort, mais à sa portée, il s’en rendit compte très vite. Sans doute un immortel mort peu avant la grande catastrophe, qui avait eu le temps d’avoir un mentor et la tête de quelques immortels, mais sans plus. Sa puissance provenait plus de son ego que de son expérience. Il prenait des risques dans ses attaques et jusque-là, il avait eu la chance que ça paye. Seulement Methos n’était pas le premier venu et il ne mit pas longtemps à comprendre la tactique de son adversaire et à la contrer. Il finit par désarmer « la fin du monde » et posa la lame de son épée sur son cou.
- Je recommencerai, lui dit-il, je rebâtirai avec d’autres.
- Il n’y en a pas d’autres, répondit l’homme à genou devant lui.
- C’est… c’est impossible, lâcha Methos.
- Si, c’est possible et je l’ai fait. J’ai achevé mes derniers soldats ici. Ils n’avaient plus de raison d’être.
La main de Methos trembla. C’est vrai qu’ils avaient rencontrés de moins en moins de personnes ces dernières années, de moins en moins de voyageurs étaient passés par chez eux. Et le peu qu’ils voyaient racontaient la même chose. L’espèce humaine se raréfiait. Même les gens qu’il était allé cherchés le lui avaient dit. C’était pour cela qu’ils avaient tenté de les rejoindre, de rejoindre la dernière communauté humaine de la planète Terre. L’espace d’un instant, il pensa à abandonner, à rendre son épée à l’autre immortel et à le laisser être le dernier dans un monde où il n’y aurait plus personne à qui faire du tord. Pourtant, après tant de millénaires, il avait encore envie de vivre. Il n’arrivait pas à croire qu’ils étaient les deux derniers. Il était persuadé que des hommes avaient survécu et qu’il pourrait les aider, qu’ils pourraient reconstruire une nouvelle humanité.
Sa main cessa de trembler et d’un geste, il prit la tête du dernier des immortels et reçut le dernier Quickening.
Quand tout fut fini et que la fureur se calma, il ne se découvrit pas différent. Finalement, le « prix » n’était peut-être qu’une fumisterie inventée par un immortel pour justifier de décapiter ses semblables et accroitre son pouvoir.

Il mit en terre les restes de ceux de sa communauté et alors qu’il trainait un corps dans une fosse, il glissa et posa la main sur un tesson de verre en se rattrapant. Mais au lieu que la blessure infligée ne guérisse, il n’y eut simplement pas de blessure, pas même de douleur. Il tenta de s’entailler avec son épée, sans plus de succès. La lame appuya sur sa peau mais glissa dans pouvoir le blesser. Il se tira même dessus, mais la balle se contenta de tomber à terre après l’avoir touché.
Methos se mit à rire. Tout ça pour ça. Le prix n’était finalement que l’immortalité totale et parfaite, sans faille. Il aurait pu être un super-héros ou un super-vilain un siècle plus tôt, mais aujourd’hui, c’était totalement inutile. Il n’y avait plus personne pour lui contester sa suprématie.
Pourtant, le dernier des Cavaliers de l’Apocalypse, décida de se mettre en route pour trouver des survivants et pour les aider, par son savoir et sa nouvelle immortalité, suivi de son chien.



En 70 ans, Méthos avait fait le tour de la Terre au sens propre du terme. Il avait même traversé des mers pour être certain, mais il n’avait pas trouvé trace du moindre humain. Que des squelettes blanchis. Et il était revenu chez lui, dans sa dernière demeure. Dans cette communauté créée par Duncan et qu’il n’avait pas su protéger.
Il avait alors rallumé la forge et construit un dernier objet. Une guillotine. Il n’avait jamais tenté de se trancher la tête, il lui restait donc un espoir. Sans un regret, il s’allongea sous l’appareil et le déclencha, mais la lame se posa sur son cou sans même laisser une marque.

Methos s’assit sur un rocher et regarda le soleil se coucher une nouvelle fois. Il avait déjà perdu l’habitude de parler et n’avait plus dit un mot depuis des années, depuis la mort de Paprika.
Combien de temps faudrait-il avant qu’il ne parle à nouveau ? Combien de temps avant qu’une nouvelle humanité ne renaisse ? Combien de temps avant de voir un être doué d’intelligence repeupler cette planète ?
Il était le dernier des immortels, il était le dernier des hommes, un homme en trop.

FIN






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Pitchoune
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MessageSujet: Re: Un homme en trop   Mer 4 Juil - 10:15

Wahou… quel univers apocalyptique !!! On dirait presque J’adore ton idée du prix et surtout les circonstances dans lesquelles Methos se trouve à présent, ça ne lui sert absolument à rien !!!
Sinon joli parallèle de Methos cavalier qui mettait tout à sac et à sang et Methos au service de l’humanité qui constate les horreurs d’immi qui mettent tout à sac et à sang !
Et le coup du virus… malheureusement tellement probable de nos jours !
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Némésis
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MessageSujet: Re: Un homme en trop   Lun 30 Juil - 20:59

Ouuaaaah c'est vraiment triste !! J'ai beaucoup aimé en tout cas !! L'ambiance me rappelle un peu celle de la série The Walking Deads ^^ Après la fin du récit j'avais juste une envie : rentrer dans l'histoire et aller faire un gros câlin à Methos !
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okami
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Messages : 15

MessageSujet: Re: Un homme en trop   Mar 11 Sep - 2:49

j'aime énormément le dernier paragraphe, je trouve que tu as bien soigné ta chute et que ça donne une certaine force à ton histoire. Bravo !
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Atalante
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MessageSujet: Re: Un homme en trop   Mar 11 Sep - 8:42


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MessageSujet: Re: Un homme en trop   

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