Le Faux Rhum de Methos


 
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 Pris entre deux MacLeod [finie]

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Atalante
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MessageSujet: Pris entre deux MacLeod [finie]   Ven 12 Nov - 12:50

Cette fic sera postée ultérieurement sur fanfictions.net.

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Dernière édition par Atalante le Ven 12 Nov - 15:18, édité 1 fois
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Cixi
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MessageSujet: Re: Pris entre deux MacLeod [finie]   Ven 12 Nov - 13:05

Merci, je la lirais un peu plus tard. Quand j'aurais fini celle de Pitchoune
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Pitchoune
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MessageSujet: Re: Pris entre deux MacLeod [finie]   Sam 13 Nov - 13:22

Sympa ton histoire. J’ai bien aimé le coté marketing du recrutement de la police ^^ Et j’ai été surprise que tu décides d’en faire une immi. Je crois avoir été aussi surprise que Methos quant-à l'ignorance d'Angelisa sur l'immortalité notamment de son père. Mais question, qu’est-ce qui dérivait du défi de Némi à part peut-être la longueur ?

Citation :
Elle savait tout de son immortalité et l’avait accepté, tout comme le fait de ne pas avoir d’enfant, ce qui ne les avait pas empêchés d’adopter une petite fille, Angelisa.
Ahahaha. Dans ce cas, fallait pas appeler sa femme Jessica, mais Alexandra !!!

Citation :
Lorsqu’il eut fini et qu’il voulu se lever, il sentit tout ses muscles et ses os lui rappeler qu’il avait 75 ans. S’il avait pu rester le guetteur de MacLeod c’était surtout parce que ce dernier le tenait informé de sa vie.
Lol, c’est quel âge la retraite pour eux ??? Ah oui c’est vrai !!!

Citation :
- « Oui, je préférerais ne pas y aller seule pour mes débuts ici. Les étudiants ont tendance, comment dire, à prendre quelques libertés avec moi. »
Tu m’étonnes, certains n’ont pas froid aux yeux !!!

Citation :
- « Et toi ? Tu n’as pas non plus changé de nom… »
- « Pas de faussaire d’où je venais et j’ai rencontré le doyen avant d’avoir eu le temps de faire faire de nouveau papier » répondit Methos.
Tient ça m’avait paru bizarre…

Citation :
mais il savait par expérience que c’était les moins aguerris qui pouvaient être les plus dangereux. Un coup qui dérape et hop, plus de tête.
Comme l'histoire de paf le chien !!!

Citation :
- « Ah non ? Et ce que je viens de voir c’était quoi, juste un détartrage en profondeur ? »
EXCELLENT ^^

Citation :
- « Pour une fois, tu as dérogée à l’une de tes règles ! »
- « Laquelle ? » s’étonna Methos.
- « Ne jamais épouser une immortelle ! »
Ah oui c’est vrai !!!

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MessageSujet: Re: Pris entre deux MacLeod [finie]   Dim 5 Fév - 11:40

je suis peut être pas très douée mais impossible de trouver où je peux lire cette fic ? je l'ai pas vue sur fanfictions.net ni sur le fo'...
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Atalante
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MessageSujet: Re: Pris entre deux MacLeod [finie]   Dim 5 Fév - 11:50

Citation :
je suis peut être pas très douée
T'inquiète, ce n'est pas toi, mais moi. Je l'avais oubliée au fin fond de mon disque dur.
Vu qu'on a plus trop de nouvelle de Fred, je vais la remettre là.

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Atalante
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MessageSujet: Re: Pris entre deux MacLeod [finie]   Dim 5 Fév - 11:53


Pris entre deux MacLeod !


Joe faisait du classement dans ses papiers et il y avait de quoi faire ! Des dizaines d’années à suivre tel ou tel immortel, le dernier en date étant Duncan MacLeod. Bien entendu, tout ce qu’il avait collecté était gravé sur DVD et autres supports numériques et archivés dans un centre sécurisé des guetteurs, mais il avait toujours commencé par écrire ses chroniques sur papier. Une fois que tout était retranscris sur ordinateur, il détruisait minutieusement mais à regret, ses notes. Et puis un jour, il l’avait fait un peu moins souvent, gardant dans son coffre ses notes plus longtemps que nécessaire. C’est à ce moment là qu’il commença à comprendre qu’il vieillissait, comme si le fait de côtoyer des immortels lui avait occulté la vérité, à savoir qu’il n’était pas éternel. Ce matin là, il avait ouvert son coffre et avait eu du mal à s’y retrouver. Il avait alors entrepris ce grand nettoyage.
Il était assis devant la cheminée et jetait une par une les feuilles de ses carnets, y jetant un coup d’œil avant, quand soudain une photo glissa sur ses genoux. Les notes se référant à cette photo avaient été détruites depuis longtemps mais il n’avait pu se résoudre à la jeter. Il s’agissait d’une photo de Mac et Jessica, une photo de leur mariage avec Methos et lui, Joe Dawson, comme témoin. Et oui, Duncan avait fini par se marier, mais pas avec Amanda. Même si ça aurait fait plaisirs à Joe de voir l’union de ces deux là, il s’avait aujourd’hui que ça n’arriverait pas de son vivant. Amanda était comme un fil rouge dans la vie de Duncan, un intermède qui revient régulièrement et disparait aussi vite qu’il est apparu.
Malgré tout, Joe avait aimé Jessica. Elle avait apporté une stabilité incontestable dans la vie du Highlander. Elle savait tout de son immortalité et l’avait accepté, tout comme le fait de ne pas avoir d’enfant, ce qui ne les avait pas empêchés d’adopter une petite fille, Angelisa. Pourtant, cette adoption avait failli coûter la vie à leur mariage. Lorsqu’ils avaient pris leur décision d’avoir un enfant, et qu’on leur avait présenté cette petite fille de trois ans, la première réaction de Jessica avait été de refuser. En effet, l’enfant n’avait jamais parlé depuis sa naissance même si les examens avaient confirmés qu’elle n’avait aucun problème physique. C’était pour cela que, malgré son jeune âge, elle était toujours en famille d’accueil. Mais Duncan n’avait pas voulu en démordre, ce serait Angelisa ou personne. Et Jessica avait fini par céder, par amour pour Duncan, espérant qu’il accepterait d’adopter un autre enfant un peu plus tard.
Puis, deux ans plus tard environ, Duncan était avec sa fille quand il s’était fait intercepter par un immortel. Il n’avait pu éviter le combat et avait laissé la petite dans la voiture. Elle n’avait rien pu voir d’où elle était, pourtant lorsque Mac l’avait rejointe après un nouveau Quickening, elle s’était jeté dans ses bras en s’écriant « Je t’aime, papa ! ». Malgré, ou à cause de ça, Jessica avait voulu adopter un autre enfant et Mac avait accepté. Mais ils n’en avaient pas eu le temps. Jessica était morte trois mois plus tard, fauchée par un chauffard alors qu’elle allait inscrire Angelisa à l’école pour la rentrée suivante.
Joe et Méthos avait de nouveau encadré Mac, mais cette fois-ci pour des funérailles. Methos était même resté près d’un an à Seacouver pour servir de baby-sitter pendant les coups de déprime de Mac. Puis celui-ci s’était ressaisi et l’ancêtre avait disparu un jour, laissant juste un mot en guise d’adieu. Et ni Joe, ni Duncan n’avaient eu de nouvelles depuis vingt ans. Le guetteur poussa un soupir et glissa la photo dans le carnet de note dont il se servait et jeta au feu les autres papiers.
Lorsqu’il eut fini et qu’il voulu se lever, il sentit tout ses muscles et ses os lui rappeler qu’il avait 75 ans. S’il avait pu rester le guetteur de MacLeod c’était surtout parce que ce dernier le tenait informé de sa vie. Il n’aurait jamais pu continuer à jouer les globe-trotters à travers toute la planète à la suite du Highlander. Alors il se contentait de tenir le Joe’s Bar et d’attendre les visites de son ami.
Il alla à la cuisine se préparer un thé et en profita pour arracher une page du calendrier, on était le 1er avril 2026 et il neigeait dehors. C’était le genre de poisson dont il se serait bien passé, l’humidité n’étant pas du goût de sa « vieille carcasse ».


Methos avait passé ces vingt dernières années à errer. Ça lui prenait parfois, des envies d’ailleurs. Depuis qu’il était rentré chez les guetteurs, puis avait rencontré Duncan, il n’avait quasiment pas quitté la civilisation. Bien sûr, il aimait celle-ci, il aimait le confort et les avantages qu’elle procure, mais, au fil des millénaires, il avait compris que s’il ne voulait pas se lasser, il fallait « décrocher » de temps en temps. Lorsque Mac s’était remis de la mort de Jessica, en tout cas, autant qu’on puisse l’être, et malgré l’affection qu’il avait pour son ami et sa fille, Angelisa, il avait décidé d’aller voir ailleurs, sans vraiment savoir où cet ailleurs se trouvait.
Il avait commencé par l’Argentine, puis l’Australie, ces endroits qui lui offrait encore quelques espaces vierges de civilisation, bien que l’accroissement de la population et les réfugiés climatiques de plus en plus nombreux, tendaient à envahir tout espace inoccupé. Et puis un jour, il s’était retrouvé sur une plage au bout d’une île et en regardant la mer, il s’était rendu compte qu’il ne savait plus où il voulait aller. Alors il était revenu à la civilisation. Il avait pensé à Joe et Mac, bien évidemment, mais dans le vol qui le ramenait aux Etats-Unis, il avait rencontré le doyen de l’Université de Columbia et après plusieurs heures à discuter, ce dernier lui avait proposé un poste de professeur de grec ancien et de latin. Les étudiants voulant apprendre ces deux langues mortes étaient de moins en moins nombreux et l’Université ne se voyait pas employer deux professeurs pour quelques heures de cours par semaine. Adam Pierson avait fini par accepter et avait posé son sac à Manhattan juste au début de l’année scolaire.
Les cours étaient tous dispensés par ordinateur, mais l’Université avait encore une bibliothèque à l’ancienne, avec des livres papiers et accessible que sur demande, tous les ouvrages ayant été scanné. Et Methos adorait y passer du temps, à feuilleter et à relire des œuvres qu’il connaissait pourtant par cœur. Et il en avait oublié d’appeler Joe ou Duncan pour leur dire qu’il était sur le même continent qu’eux. Puis il avait commencé à flirter avec une collègue et avait passé les fêtes de Noël avec elle, avant que son ex ne revienne et qu’elle ne décide de lui laisser une nouvelle chance.
Fin mars, il était de nouveau célibataire.

Methos venait de quitter son dernier cours de la journée, quand la voix du doyen attira son attention. Celui-ci parlait avec une jeune femme que l’immortel ne voyait que de dos. Elle était plutôt grande, dans les 1m75, mince mais avec une délicate musculature et elle répondit d’une voix chaude et douce à la précédente remarque du doyen avant de laisser entendre un rire cristallin. L’immortel était comme en état d’hypnose quand le doyen l’interpella soudain le tirant de sa transe.
- « Professeur Pierson ! Venez que je vous présente ! »
Methos se sentit soudain stupide de sa réaction et espéra que personne n’avait remarqué son comportement, puis il se dirigea vers eux, comme si de rien était et ce n’était pas facile. Lorsque la jeune femme se retourna, il vit de magnifiques yeux verts se poser sur lui et une bouche quasi parfaite ébaucher un sourire malicieux. Le tout était encadré par une magnifique chevelure teintée de reflet roux.
La première réaction de Methos fut « elle me rappelle quelqu’un !», mais sans pouvoir se souvenir où il l’avait déjà vu. Peut-être une étudiante qu’il avait déjà croisée… il y en avait tellement !
- « Permettez-moi de vous présenter Adam Pierson, notre professeur de latin et de grec, » dit le doyen.
L’immortel revint sur son idée d’une étudiante. Il n’y avait aucune raison pour que le doyen la lui présente. Peut-être un nouveau professeur.
- « Adam, voici mademoiselle MacLeod, Angelisa MacLeod. Elle va rester quelques semaines ici pour faire des conférences sur les différents métiers de la police. »
Methos n’entendit pas vraiment la seconde partie de la phrase du doyen. Son cerveau était resté bloqué sur « Angelisa MacLeod ». Elle se serait appelée MacLeod, il aurait pu penser à une coïncidence, mais Angelisa n’était pas un prénom assez courant pour que cette personne ne soit pas… la fille de Duncan. Et puis cet air de déjà vu… Il n’y avait aucun doute. Il se rappelait bien la petite fille de six ans, ses grands yeux verts qui le faisait craquer à chaque fois qu’il voulait lui dire non et ce sourire qu’elle avait quand finalement il cédait et finissait par lui donner un gâteau avant le repas ou lui acheter une glace en rentrant de l’école.
- « Adam ? » s’inquiéta le doyen. « Ça va ? »
Methos se rendit compte qu’il devait avoir l’air complètement crétin et tenta de se ressaisir. Il tendit la main à la nouvelle venue en essayant de se rappeler ce que le doyen avait dit d’elle.
- « Et ça va consister en quoi exactement ? » biaisa Methos.
- « Ma fonction ? »
L’immortel acquiesça d’un hochement de la tête.
- « Dans un premier temps, il s’agira de conférence expliquant les différentes métiers de la police, que ce soit sur le terrain ou au niveau administratif. Ensuite, en fonction des demandes des étudiants, j’approfondirais certain secteur. »
- « Ah, bien, » se contenta de répondre Methos qui n’avait qu’une seule envie, filer de là.
L’arrivée d’un autre professeur à qui on présenta Angelisa lui donna cette occasion et il s’excusa avant de s’éclipser.

Une fois rentré chez lui, il prit une bière, puis son journal qu’il écrivait toujours sur du papier et se laissa tomber sur le canapé. Après avoir descendu la moitié de la bouteille, il ouvrit celui-ci mais pas à la dernière page, non, il remonta vingt ans plus tôt. Il avait collé plusieurs photos pour illustrer ses propos, des photos du mariage de Duncan et Jessica et des photos de la petite fille, tantôt avec son père, tantôt avec Joe et une qu’il aimait particulièrement avec lui. Cela fit remonter un tas de souvenir et il prit soudain son téléphone, près à appeler Mac, mais renonça. Il ne savait pas ce qu’il allait pouvoir dire après si longtemps et un « allo, ça va ? » risquait de ne pas suffire. Il décida de se laisser un peu de temps.

Le lendemain, Methos se rendit à son premier cours, mais bien qu’il connaisse l’Université par cœur, il regardait à droite et à gauche, se retournant même parfois, comme s’il cherchait son chemin. Mais c’était Angelisa qu’il guettait en fait. Il avait tout à la fois envie de la revoir et envie de ne surtout pas la croiser. Elle était à la fois une façon de renouer les liens avec l’un de ses meilleurs amis, sans être certain que c’était ce dont il avait envie.
Il passa ses deux cours de la matinée sans la croiser et finit par ce convaincre que dans l’immensité de cette fac, il avait en fait peu de chance de la rencontrer par hasard. Il allait se diriger vers la cafétéria, quand une voix le stoppa.
- « Professeur Pierson ? C’est bien ça ? »
Il se retourna d’un bloc pour faire face à la jeune femme.
- « On m’a présenté tellement de personne, que j’avais peur de me mélanger, » mentit-elle en souriant.
- « Il n’y a pas d’erreur, » répondit Methos en lui rendant son sourire. « Et si je peux vous être utile en quoi que ce soit…, » s’entendit-il compléter avant de se mordre la langue.
- « Justement…, vous faites quoi maintenant ? » demanda-t-elle.
- « Je… j’allais déjeuner… »
- « Je peux me joindre à vous ? »
- « A moi…, » balbutia Methos comme un idiot.
- « Oui, je préférerais ne pas y aller seule pour mes débuts ici. Les étudiants ont tendance, comment dire, à prendre quelques libertés avec moi. »
Methos plissa le front avant de comprendre ce qu’elle voulait dire. Les étudiants avaient toujours les hormones en pleines ébullitions quelque soit leur âge et jusqu’à ce qu’ils quittent l’Université. Angelisa était bien trop séduisante pour ne pas susciter quelques réflexions, voir des gestes déplacés et elle n’avait sans doute pas envie de passer son déjeuner à remettre ces jeunes libidineux à leur place.

- « Vous êtes spécialisée dans le recrutement ? » demanda Methos pour rompre le silence qui s’était installé.
- « Pas du tout ! » s’exclama vivement la jeune femme. Je suis sortie de l’école de police depuis 6 ans et je suis sergent dans le 4ème district. »
- « Alors, pourquoi… vous ? »
- « J’ai… »
- « En fait, ça ne me regarde pas, » laissa tomber Methos devant l’hésitation d’Angelisa.
- « Ce n’est pas un secret, » répondit-elle. « J’ai été blessé il y a quelques semaines et en attendant de me renvoyer à mon commissariat, ils ont décidé en au lieu que je pourrais être utile en tant… « qu’agent marketing ». Il parait qu’un vieux policier bedonnant n’aurait pas le même impact. Et vu l’attitude de certains étudiants, je ne suis pas certaine de ce que je vais recruter. »
Elle avait dit cela avec ce même petit sourire malicieux qu’il lui avait vu la veille, ce petit sourire qu’elle avait déjà toute petite, pour finir par un clin d’œil à l’attention de Methos. Il sourit à son tour.
- « Ils sont tellement en manque de personnel dans la police ? »
- « Recrudescence de la criminalité ces 15 dernières années et beaucoup des notre qui… y restent. Mais je ne devrais pas le dire, c’est pas « vendeur ». »
Methos sentit un frisson le parcourir. Elle avait été blessé et elle avouait elle-même que son espérance de vie dans ce métier était limité.

Après deux semaines de présence à l’Université, Methos et Angelisa déjeunaient ensemble à chaque fois que la jeune femme était présente. Elle parlait peu de son passé, de son enfance, tout juste si elle avait prononcé une fois le nom de Duncan et de Joe. En fait, ils parlaient surtout de ce qu’ils avaient fait la vieille. Methos emmenait la jeune femme au cinéma, dans des expositions d’art ancien ou moderne, au musée. Elle semblait intéressée par tout et boulimique de savoir. D’autant plus que la visite du plus poussiéreux des musées devenait une partie de rigolade avec les histoires que lui racontait l’immortel. Puis il l’a raccompagnait chastement chez elle.
Pourtant un soir, elle lui sauta au cou sans prévenir et plaqua ses lèvres sur les siennes. Methos l’attrapa par les hanches dans l’intention de la repousser mais quand les lèvres d’Angelisa se firent plus pressantes il rendit les armes et se laissa emporter avec elle dans un voluptueux baiser. Combien de temps cela dura, aucune importance, pourtant à un moment une petite idée finit par s’imposer à son esprit « c’est la fille de Mac !» et il se détacha brusquement d’elle, encore haletant.
- « Je ne peux pas, » murmura-t-il.
Angelisa le regarda avec incompréhension, lisant dans ses yeux noisette le dilemme qui l’assaillait. Il secoua la tête comme pour effacer ce qui venait de se passer et héla un taxi avant de s’y engouffrer.
Methos était mortifié. Il avait l’impression de commettre un inceste, ayant toujours considéré la fille de Mac comme la sienne, ayant fait la promesse à son ami de veiller sur elle s’il lui arrivait quelque chose.

Le lendemain, il fit tout pour éviter la jeune femme, mais celle-ci n’avait pas l’intention de laisser courir sans une explication. Elle finit par le coincer dans une salle de cours qu’il n’avait pas quitté assez vite.
- « Pourquoi ? » demanda-t-elle simplement. « Je croyais que je te plaisais. »
- « Ce n’est pas le problème… »
- « Alors c’est quoi le problème ? »
- « Duncan, » laissa tomber Methos d’un ton lugubre.
- « Tu connais mon père. »
Et ce n’étais pas une question. Le simple fait qu’il l’ait appelé Duncan et non « ton père » signifiait qu’il le connaissait.
- « Tu ne te rappelles vraiment pas ? Remarque, ça fait tellement longtemps, tu étais si jeune… »
- « Nous… »
- « Je t’ai faite sauter sur mes genoux plus d’une fois. La dernière fois qu’on s’est vu, tu devais avoir six ans. »
- « Pourquoi tu ne l’as pas dit tout de suite qu’on se connaissait ? »
Methos se contenta de hausser les épaules. Lui dire quoi ? Qu’il n’avait pas repris contact avec Mac de peur qu’il lui en veuille de sa longue absence ? Qu’il s’en voulait d’avoir manqué les anniversaires de l’enfant qu’elle était ? Qu’il ne savait pas ce qu’elle savait sur l’immortalité et ne voulait pas qu’elle risque de se rappeler qu’il n’avait pas vieilli ? Quoique Mac non plus ne devait pas avoir changé... Savait-elle pour les immortels ?
- « Papa et toi êtes fâchés, c’est ça ? » insista Angelisa.
- « Non, on ne l’était pas quand je suis parti. Ça fait tellement longtemps… »
- « Tu veux que je l’appelle ? » demanda la jeune femme presque candide.
- « NON ! » s’exclama Methos un peu trop vite. « Non, je le ferai. »
- « Promis ? »
Et Methos retrouva ce regard d’enfant qui savait tout se faire pardonner dans ces yeux verts et répondit :
- « Promis. »
Mais il s’en voulut de lui mentir, même si elle n’était plus une enfant.

Angelisa voulut reprendre leurs sorties comme si rien ne s’était passé mais Methos se trouva toujours un empêchement. Elle comprit qu’elle n’arriverait à rien et elle finit par renoncer, tout au moins en apparence. Puis sa disponibilité envers l’Université pris fin et elle retrouva le service actif au sein de son commissariat New-Yorkais.
Methos en fut soulagé.
Puis, quelques semaines plus tard, il reçut une lettre, ou plutôt une injonction :
« Si tu n’es pas à la maison le lendemain de ton dernier cours, je viens te chercher ». Suivait une adresse à Seacouver et bien évidemment le mot était signé Duncan MacLeod.
Et un grand sourire de bonheur illumina le visage de l’immortel.


En arrivant à Seacouver, Methos hésita un instant à faire un détour par le Joe’s Bar, juste pour voir s’il existait toujours, mais finalement il se rendit directement chez Mac. Il n’avait revu aucun de ces deux amis depuis près de deux décennies et si Mac serait physiquement le même, pour Dawson, en revanche…

Mac vivait dans une maison dans la banlieue de Seacouver. Il avait gardé le dojo tenu par un gérant et dont il se réservait trois demi-journées par semaine à usage personnel.
Methos n’eut pas besoin de sonner. A peine avait-il mis le pied sur le perron que la porte s’ouvrit à la volée et la première chose qu’il vit ce fut la lame qui se posa sur son épaule à la base de son cou. Une pression de Duncan et Methos pénétra dans la maison toujours à la merci du Highlander.
- « Donne-moi une bonne raison de ne pas le faire ! » s’exclama l’écossais.
- « C’est toi qui a lancé l’invitation ? » hasarda Methos surpris de l’accueil.
- « Deux décennies sans nouvelles ! On est au 21ème siècle. Tu vas pas me dire que t’as pas entendu parler du téléphone ? »
Duncan n’avait pas tord. Methos n’avait aucune excuse et il se contenta de hausser les épaules en signe de regrets, sentant un peu plus la lame contre sa peau. Et soudain, Mac retira son katana avant de serrer son ami dans ses bras.
- « Tu m’as manqué, » dit-il simplement à Methos. « Une bière ? »
Le plus ancien des immortels se contenta de hocher la tête en guise d’assentiment et suivit Mac au salon.
Et les deux hommes passèrent les heures suivantes à se raconter leur périple depuis la dernière fois où ils s’étaient vu, sans oublier de parler d’Angelisa. Methos ne savait pas trop quoi dire à Mac concernant la présence de sa fille en fac et surtout la raison, à savoir qu’elle avait été blessée. Mais Duncan était déjà au courant. Methos évita pourtant de s’appesantir sur les quelques semaines ou la fille de son meilleur ami et lui-même s’étaient vus. Surtout sur l’histoire du baiser et il fut soulagé quand le Highlander lui apprit qu’elle ne rentrerait pas avant quatre semaines au moins.


Methos avait couché dans la chambre d’ami. Ça lui rappelait les quelques fois où il avait dormi sur le canapé dans le loft au-dessus du dojo, faisant râler Duncan par son côté bordélique. Là, il avait un endroit rien qu’à lui, avec une salle de bain privée. Pourtant, ce fut en caleçon qu’il descendit prendre son petit déjeuner. Il ne devait pas être encore très réveillé, puisque malgré les voix qu’il entendait, il ne fit pas demi-tour pour aller passer un pantalon. Ce fut donc dans une tenue plus que légère qu’Angelisa se suspendit à son cou pour l’embrasser… sur la joue. »
- « Je suis tellement contente que tu sois là, Adam ! s’exclama la jeune fille.
- « Toi ! Je croyais que tu ne devais pas être là ! » s’exclama l’ancien.
- « J’ai menti à mon père pour que tu ne t’enfuis pas avant mes vacances, » lui murmura-t-elle à l’oreille.
Methos déglutit avec difficulté avant d’écarter la jeune fille de lui, la tenant à bout de bras pour éviter un nouveau contact intempestif. Mac, de son côté, fut surpris d’un tel enthousiasme de la part de sa progéniture. Quand elle lui avait parlé d’Adam Pierson, ça avait été avec certain détachement, juste une info lâché presque par hasard. Or, son attitude n’avait rien de désinvolte, ni de détachée.
- « Tu… vas t’habiller pendant que je refais du café ? » dit Mac en avalant une gorgé du sien, l’air de rien.
- « Tu as raison, » répondit Methos, « je reviens tout de suite. »
Et il n’attendit pas pour faire demi-tour, mais Angelisa n’était pas de cet avis.
- « Ta tenue ne me dérange pas, » dit-elle d’un ton candide en attrapant le caleçon de Methos et le lâchant pour faire claquer l’élastique sur ses fesses.
Mac recracha bel et bien sa tasse de café. Methos, quant-à lui, se sentit rougir jusqu’à la racine des cheveux mais il ne dit rien et ne se retourna pas. Il se contenta de remonter dans sa chambre le plus vite possible sans toutefois avoir l’air de fuir.
Il prit son temps pour se doucher et s’habiller, hésitant sur la conduite à tenir, quand il entendit la porte d’entrée. Un coup d’œil par la fenêtre pour voir Angelisa quitter la maison et prendre sa voiture. Il poussa un soupir de soulagement et se décida à aller affronter Duncan.
- « Tu m’expliques ? » furent les seuls mots de l’écossais.
Et Methos lui relata en détail leur rencontre, enfin presque en détail. Il omit le passage où la jeune femme s’était jetée à son cou pour l’embrasser.
- « Je vais aller à l’hôtel, » dit Methos pour finir.
- « Pas question ! » s’exclama Duncan.
Methos le regarda, surpris.
- « Angelisa adore essayer de me faire sortir de mes gongs, » répondit Mac à la question silencieuse de son ami. « Mais cette fois-ci pas question qu’elle y arrive. Ça fait trop longtemps qu’on ne s’est pas vu. Et puis… »
- « Et puis… ? » demanda Methos devant cette interruption.
- « Et puis, je préfère vous avoir sous les yeux tout les deux que planquer devant ton hôtel, » répondit Mac, un sourire entendu sur les lèvres.
Methos n’était pas certain que ça arrête Angelisa. Mais lui aussi était content de retrouver le Highlander, de passer du temps avec lui comme avant, d’aller boire un verre chez Joe. Et il n’allait pas se laisser gâcher ces retrouvailles par une gamine qu’il avait faite sauter sur ses genoux.

Angelisa revint en début de soirée, mais les deux immortels avaient désertés la maison pour aller au Joe’s Bar. Mac n’avait pas averti son guetteur qui faillit avoir une attaque en voyant Methos. Quelque part, Joe Dawson s’était presque fait à l’idée qu’il ne reverrait pas l’ancien et sous le coup de l’émotion, sa première réaction fut de l’engueuler et la seconde de lui servir une bière.


Methos se réveilla vaseux. Immortel ou non, une cuite restait une cuite. C’était risqué pour un immortel d’être limite en état de se battre, mais les trois hommes n’avaient vu ni le temps, ni les verres passer. Enfin, les deux immortels étaient rentrés sans problème et le barman de Joe avait ramené son patron chez lui.
L’ancien se glissa avec délice sous la douche, espérant évacuer ce petit bourdonnement dans ses oreilles. Il y resta un moment à se délasser, puis son estomac commença à lui réclamer le petit-déjeuner et il coupa l’eau avec regret. Et quand il ouvrit la porte de la douche pour attraper une serviette, celle-ci était déjà prête, tenue à bout de bras par Angelisa. La jeune fille, en peignoir, lui souriait en le regardant… dans les yeux. Après un hoquet de surprise, l’immortel attrapa la serviette pour couvrir la partie la plus intime de son corps avant de hurler :
- « DEHORS ! »
- « Ça va, je suis pas sourde, » répondit-elle en tournant les talons.
Et Methos la regarda sortir lentement de sa chambre, le très court et très ajusté peignoir en soie, faisant un adorable plissé sur ses fesses. Lorsqu’elle ouvrit la porte, Duncan se tenait juste derrière et Methos se renferma dans la salle de bain.
- « Qu’est-ce que se passe ? » demanda le père de la jeune fille.
- « Rien, j’apportais une serviette propre à Adam. »
- « A cette heure-ci ?
- « C’est en général l’heure où on en a le plus besoin, » répondit-elle.
Mac resta un moment indécis, puis suivit sa progéniture à la cuisine où elle entreprit de préparer des pancakes.
- « Tu devrais peut-être aller t’habiller, » suggéra Duncan.
- « C’est pas la première fois que tu me vois dans cette tenue, » lui répondit Angelisa. « Quand à ton ami, je suis sûre que ça ne le dérangera pas. »
Et l’ami en question débarqua à ce moment-là. Après l’incident de la douche, le plus ancien des immortels se dit qu’il n’avait pas vécu pendant 5000 ans sans avoir appris un minimum de chose et notamment à gérer les femmes. Soit, certaines avaient fait de lui ce qu’elles voulaient, mais il en avait aussi côtoyé d’autres de bien plus dangereuses que la fille de Mac et dont il avait appris beaucoup. Notamment la Grande Catherine de Russie dont il avait été l’un des conseillés pendant près de deux ans.
- « Aucun problème Angie, laissa tomber Methos d’un air blasé. Pour moi tu seras toujours cette petite fille qui s’accrochait à ma jambe quand elle avait peur. »
« Angie !». Il l’avait appelé « Angie ». Elle détestait les surnoms. Seul son père l’appelait « mon ange ».
- « D’ailleurs, ça me rappelle la fois, tu devais avoir 4 ans, où tu es sortie toute nue de la salle de bain, parce que ton père ne voulait pas te mettre la robe que tu voulais. Tu t’es jeté dans mes bras en pleurant, » en rajouta l’immortel.
Angelisa, toujours à la préparation du petit-déjeuner, serra les lèvres pour ne pas hurler. Après le surnom ridicule, dont elle ne se rappelait même pas qu’il lui avait donné un jour, il faisait remonter à la surface des souvenirs d’un autre temps.
- « Tiens, fini, » dit-elle en tendant la spatule à son père.
Puis elle quitta la pièce.
- « Tu n’y es pas allé de main morte », dit Duncan en tournant les pancakes.
- « Aux grands maux, les grands remèdes. J’ai bien l’intention de profiter de mon séjour chez toi, comme je l’ai toujours fait d’ailleurs ! D’ailleurs, c’est quoi le programme du jour ? »
- « Surprise ! » répondit le Highlander en lui servant trois pancakes.

Angelisa était partie rapidement, ne prenant qu’une pomme en guise de petit déjeuner. Methos savait qu’il l’avait vexé, mais il fallait impérativement qu’il stoppe toutes ses tentatives de séduction à son égard, sinon… Il n’y avait pas de sinon, elle était la fille de MacLeod !
Et celui-ci n’avait pas répondu à la question de son ami sur le programme du jour, mais quand il se gara devant le dojo, Methos regretta de ne pas avoir avalé un pancake ou deux de plus. Quelque chose lui disait que Mac allait le faire suer, au propre comme au figuré.
- « Prêt ? » demanda l’écossais.
- « Tu veux encore me mettre une raclée ? » soupira l’ancien.
- « A moins que tu ne m’en mettes une, » répondit Duncan avec un sourire narquois.
- « Bon, puisqu’il faut en passer par là, » répondit Methos en tombant le manteau et en prenant son épée.
Et il se mit en position devant son ami et à cet instant, adversaire. Les deux hommes se jaugèrent avant que l’un d’eux ne se décide à attaquer, et ce fut Mac qui prit les devants. Methos para facilement le coup et lança à son tour une attaque, mais plutôt molle. C’était un peu comme si les deux amis se redécouvraient, chacun essayant de cerner la tactique de l’autre. Pourtant, après deux ou trois minutes de ce petit jeu, Duncan lança une véritable attaque. Methos, surpris, la contra mais avec justesse. Par contre, comprenant que le combat avait réellement commencé, il para aisément les deux coups suivants du Highlander avant que contre-attaquer avec l’une de ses bottes favorites. Pourtant, la logique fut respectée, Methos commençait à s’essouffler et c’était lui qui subissait le combat, même si pour l’instant, il n’avait pas totalement cédé.
- « Dis-donc, » le charria Mac, « ton dernier adversaire était soit très mauvais, soit tu as eu de la chance ! Ça remonte à quand ta dernière tête ? »
- « Tu le sais, tu y étais, » lui répondit l’ancien.
- « Quoi ? Pas de combat depuis 25 ans ? Mais qu’est-ce que tu as fait pendant tout ce temps ? »
- « En parlant de ces dernières années…, je suis surpris que tu ais toujours le dojo et même que tu habites Seacouver. Ça fait pas un peu longtemps ? »
Methos soufflait de plus en plus, d’autant plus qu’il devait soutenir une conversation et que Mac ne relâchait pas la pression.
- « Oui. On a déménagé plusieurs fois à un bout ou l’autre de la ville, mais plus Angelisa grandissait, moins elle voulait partir. Elle avait tous ses mais ici. »
- « Et tu as cédé ! »
- « Oui. Mais maintenant qu’elle est en poste à New-York, je pense que je vais partir. »
- « A New-York ?” s’étonna Methos.
- « Non. Je pense qu’elle n’apprécierait pas de m’avoir sur le dos en permanence. Je pensais plutôt à Paris. Et puis comme ça, avec le Blue’s Bar qui existe toujours, Joe pourrait encore être mon guetteur tout en continuant à s’occuper à côté. A son âge, je me vois mal le faire déménager à l’autre bout de la planète. »

Angelisa profitait toujours de ses séjours à Seacouver pour faire le tour de ses anciens amis. Mais ce jour là, où bien ils étaient au travail ou déjà en vacances, comme elle. Elle décida de rentrer, mais en passant devant le dojo. C’était le jour à son père se réservait l’endroit pour son entrainement personnel. Elle ne savait pas si la présence d’Adam allait lui faire changer ou non ses habitudes… Et effectivement, la voiture de Mac était garée devant l’endroit.
La première chose qui l’a surpris fut d’entendre le bruit de deux lames qui s’entrechoquent. Elle se rappela ses entrainements en escrime avec Mac. Mais elle ne pensait pas qu’Adam était aussi un adepte de la discipline. Elle le voyait plus comme un cérébral que comme un sportif. Pourtant son métier lui avait appris à se méfier des jugements trop hâtifs. Elle se glissa sans bruit à l’intérieur du bâtiment.

- « Et Angelisa ? Elle l’a bien pris ? »
- « Quoi ? » demanda Mac.
- « Ton immortalité ! »
Mais à la tête que fit le Highlander, il comprit que la jeune fille n’était encore au courant de rien. D’ailleurs, ça troubla tellement Duncan qu’il perdit le fil du combat et que Methos parvint à le désarmer.
- « C’est pas vrai, tu attends quoi ? Elle va bien finir par se rendre compte que tu ne vieillis pas ! »
- « Je sais, » murmura Mac comme un enfant pris en faute. « Mais j’ai tellement peur de la perdre. »
- « Elle est ta fille… »
Les deux hommes avaient dû hausser le ton pour couvrir le bruit des lames et pris dans leur entrainement, ils n’avaient pas remarqué la présence de la jeune fille à quelques mètres d’eux. Par contre, elle avait parfaitement suivi la fin de la conversation. « Immortalité », « Ne vieillis pas »… Elle était sur le point de faire demi-tour quand les deux hommes remarquèrent sa présence. Ils se regardèrent un instant, inquiet de ce qu’elle avait pu entendre, puis Mac décida que le mieux était de la jouer « tout est normal ».
- « Mon ange ! Tu es venu faire un petit entrainement avec nous ! »
- Je…, bredouilla la jeune femme. Je passais par là et j’ai vu ta voiture. Joli épée Adam. Tu l’as amené en vu de croiser le fer avec papa ?
Mac avait noté l’hésitation de sa fille et la mit sur le fait que la présence de Methos la mettait mal à l’aise après leur petite échauffourée du matin. Mais pour l’épée, un professeur d’université avec une telle arme, ça risquait de paraître assez suspect.
- « C’est une vieille épée que j’ai retrouvé, » mentit Mac.
Angelisa la prit des mains de Methos et l’admira.
- « En tout cas, elle est extrêmement bien entretenue pour une vieillerie. Bon, je vais y aller, je vous retrouve pour le déjeuner ! »
Et elle quitta le dojo rapidemment.

Ils déjeunèrent tous les trois, puis elle s’éclipsa à nouveau prétextant des courses et les deux hommes finirent par aller voir Joe pour s’occuper.

Cette nuit là ne fut reposante pour aucun des trois occupants de la maison.
Duncan MacLeod tournait et retournait la conversation qu’il avait eue avec Methos au dojo. C’était Joe qui aurait dû lui dire ça, mais il comprenait que le guetteur, à son âge, n’avait pas envie de crapahuter derrière lui, ni de devoir laisser sa place de guetteur du Highlander. Et l’ancien n’avait pas tord. Si Angelisa ne s’était rendu compte de rien, du fait qu’en 20 ans il n’avait pas changé, c’était sans doute parce qu’on remarque plus quand les gens changent que l’inverse. Il n’avait que deux options, disparaître de sa vie, se faire passer pour mort ou tout lui avouer et prendre le risque, soit qu’elle n’accepte pas et le rejette comme monstre, soit qu’elle lui en veuille de lui avoir menti si longtemps. Il avait tellement peur de la perdre, que l’idée que tout se passe bien était occultée par des pensées négatives.

Methos se tournait et se retournait dans son lit et ça n’avait rien à voir avec le dilemme de Mac. Il avait pointé un problème, c’était maintenant au Highlander de le gérer. Non, ce qui l’empêchait de dormir, c’était des images qui n’arrivaient pas à quitter son esprit, des images que son cerveau n’aurait même pas dû générer. Il revoyait Angelisa dans sa salle de bain, mais au lieu de la voir sortir, il se voyait en train de détacher la ceinture de son peignoir. Il la revoyait dans la cuisine en train de préparer les pancakes et son esprit lui montrait ses mains posées sur les hanches de la jeune fille. Il se voyait au dojo, mais combattant contre elle et non contre Duncan, et ce combat finissait en corps à corps sur le parquet. Et par-dessus tout ça, une autre image s’imposait encore à lui, et cette fois-ci ce n’était pas du domaine du fantasme. Il revoyait le baiser de la jeune fille quelques mois plus tôt, il sentait les lèvres sur les siennes de… la fille de Duncan. Mais même en se forçant à garder ce fait à l’esprit pour couper court à ses rêves, ceux-ci revenait avec encore plus de force !

Angelisa MacLeod tournait et retournait dans sa tête les mots qu’elle avait entendus au dojo, essayant d’en substituer d’autre, comme si elle avait mal compris. Mais le son portait parfaitement dans le dojo et l’exclamation d’Adam « ton immortalité » avait été dite très clairement. Un code ? Un jeu entre eux ? Pourtant, en y repensant, c’était comme un puzzle qu’elle avait depuis toujours, mais dont il lui manquait des pièces. Aujourd’hui, elle avait peut-être les derniers morceaux, pourtant, même en les assemblant tous, elle ne comprenait pas ce qu’elle voyait.
Elle repassait dans sa tête tous ces petits moments étranges auxquels elle n’avait pas prêté plus attention. Il y avait le fait que son père ne changeait pas malgré le temps, même pas un cheveu blanc alors qu’il venait de fêter ses 50 ans, alors que Joe, lui, avait bien pris ses 20 ans de plus. Il y avait cette attitude qu’il avait eue quelque fois, comme s’il cherchait quelqu’un pour se focaliser finalement sur un inconnu. Ces départs impromptus où il prenait son manteau même par grande chaleur, manteau dans lequel il cachait parfois son katana, elle s’en était aperçue depuis longtemps. Et quand il revenait, il avait l’air de sortir d’une bagarre. Ça lui rappela les fois où il s’était blessé, notamment quand il s’était ouvert la main avec un couteau et qu’il n’en avait gardé aucune cicatrice. D’ailleurs, en y repensant, elle avait vu plusieurs fois des traces de sang sur son linge, mais même la dernière fois qu’il était allé se baigner ensemble, elle n’avait remarqué aucune cicatrice sur son corps.
Quant à Adam, quand elle lui avait rendu visite le matin même dans sa chambre, elle avait voulu voir ce que renfermait son portefeuille et elle était tombée sur une épée, cette même épée que son père disait être à lui !


Le lendemain, tous les trois s’évitèrent quelque peu. Mac avait peur que sa fille ne pose une question à laquelle il ne saurait peut-être pas comment répondre. Methos n’osait pas lever les yeux sur Angelisa de peur qu’elle lise ses fantasmes dans ses yeux. Et la jeune fille leur en voulait un peu qu’ils lui cachent quelque chose alors qu’elle était bien assez grande pour comprendre.
Elle décida que si elle voulait des réponses, elle devrait se débrouiller par elle-même et jeta son dévolu sur la personne la plus apte à lui répondre et qui ne savait pas lui dire non, Joe Dawson. Le guetteur barman et surtout ami de la famille était ravi de voir débarquer celle qu’il considérait comme sa petite fille, mais il déchanta très vite, quand, passer les banalités elle attaqua par ces mots :
- « J’aimerai que tu me fasses un petit topo sur l’immortalité d’Adam. Papa ne veut pas m’en parler. »
Joe hésita un instant. Il avait pensé que le jour ou Mac parlerait de ça avec Angelisa, il le préviendrait. Peut-être qu’il n’en avait pas eu le temps. Malgré tout, elle avait appelé Methos, Adam, donc, elle ne devait pas savoir qui il était et ça c’était plutôt à l’intéressé de lui en parler.
- « Tu sais, je n’ai pas grand-chose à dire sur lui. En fait, c’est à peine si je le connais. »
- « Il est plus vieux que papa ? »
- « Adam ? Oui, on peut le dire. Mais avec ses quatre siècles, ton père est presque un gamin. »
Angelisa se leva pour aller se chercher un verre d’eau afin de cacher son trouble à Joe. 400 ans !
- « Ça… ça doit faire bizarre de se réveiller un matin et de se dire qu’on ne mourra jamais… »
- « Pour ton père, c’est surtout son clan à qui ça a fait bizarre. Allongé sur son lit de mort et hop, tout à coup il revient à lui sans aucune blessures… Il en fallait pas plus pour sombrer dans la sorcellerie. Aujourd’hui, si quelqu’un mourait et ressuscitait devant des caméras, les gens ne s’en étonneraient même pas. »
- « J’ai vu l’épée d’Adam. Elle a l’air très ancienne, » continua la jeune fille.
- « Là je ne peux pas t’aider. J’avoue que c’est quelque chose dont ne j’ai pas discuté avec lui. Je connais l’histoire de l’épée du Clan MacLeod qui est toujours à Glennfinan, ainsi que celle du katana de ton père, mais Adam… il reste un mystère. »
- « Ils se battaient tous les deux au dojo hier. »
- « Ne t’inquiète pas, il n’y a aucune raison pour que ces deux là s’entretuent. C’était sans doute juste un entraînement. »
- « S’entretuent ? Je croyais qu’ils étaient immortels ? »
Joe eu soudain affreux un doute.
- « Qu’est-ce que tu sais exactement ? » demanda-t-il inquiet.
- « Rien. A part ce que tu viens de me dire. »
Angelisa lâcha ça comme une bombe. Elle avait décidé d’y aller au bluff, quelque chose qu’elle avait appris dans son métier de policier. Toujours avoir l’air de savoir et ne s’étonner de rien. Et Joe, s’était laissé prendre, en tout cas, juste assez pour qu’elle ait le commencement de l’histoire. Pour la suite, il était clair qu’il ne fallait plus compter sur lui. Il semblait d’ailleurs être sur le point d’avoir une attaque. Quant elle fut certaine que tout irait bien pour lui, elle décida d’aller voir son père.

Angelisa ne trouva pas Duncan chez lui, juste Adam. Elle ne dit rien et monta à l’étage. Le plus ancien des immortels était à la fois peiné que la jeune fille lui en veuille encore et soulagé qu’elle ne se jette pas sur lui. Il ouvrit le frigo pour se prendre une bière quand il entendit des bruits de pas.
- « Tu en veux une ? » demanda-t-il à Angelisa sans se retourner.
- « On verra la bière plus tard, » répondit-elle en lui posant sa propre épée sur l’épaule.
Methos se retourna d’un bloc. La jeune fille tenait son épée à deux mains, un peu maladroitement, mais il savait par expérience que c’était les moins aguerris qui pouvaient être les plus dangereux. Un coup qui dérape et hop, plus de tête.
- « Joe m’en a dit juste assez pour avoir l’eau à la bouche, alors maintenant, je veux la suite ! »
- « La suite de quoi ? » hasarda Methos.
- « Tout sur l’immortalité ! »
- « Je vois… on devrait peut-être s’asseoir et en discuter calmement… »
Soudain Methos sentit la présence d’un immortel toute proche. Mac. Le problème allait pouvoir se régler entre père et fille. Celle-ci vit l’attitude étrange d’Adam, l’air de chercher quelque chose ou quelqu’un et elle comprit que son père n’était pas loin. Elle se retourna pour le voir arriver… et Methos en profita pour lui donner un coup sur le bras afin de lui faire lâcher l’épée. Malgré tout, elle ne lâcha qu’une main et s’apprêtait à lever l’arme de l’autre, quand l’immortel lui serra le poigner, la faisant finalement lâcher prise. Mais elle ne voulait pas en rester là, et essaya une prise de judo sur Methos, qui tomba en l’entrainant avec lui.
Methos la fit basculer sur le dos, avant de la bloquer à terre avec son corps.

Joe avait appelé Mac dès le départ de sa fille. Il était paniqué de ce qu’il avait involontairement fait, mais Duncan finit par admettre que ce n’était peut-être pas une si mauvaise chose, même s’il aurait préféré le lui apprendre lui-même. Il écourta ce qu’il faisait et rentra au plus vite, quand dans l’allée il entendit le bruit caractéristique du métal sur le sol et il se mit à courir jusqu’à la maison. Lorsque Duncan jeta un œil dans la cuisine, il s’était plus attendu à voir du sang que Methos et Angelisa… en train de s’embrasser. Le sang du Highlander ne fit qu’un tour et il sortit son katana qu’il posa sur le cou de l’ancien.
- « Ça suffit ! » cria-t-il.
Methos voulut se redresser et sentit le froid de la lame.
- « Mais qu’est-ce que vous avez tous aujourd’hui avec les épées et avec mon cou, » soupira Methos.
- « Je peux savoir ce que tu es en train de faire ? »
- « C’est pas ce que tu crois Mac ! »
- « Ah non ? Et ce que je viens de voir c’était quoi, juste un détartrage en profondeur ? »
- « Et alors ? » le coupa Angelisa. « Après 20 ans de mensonges, tu es mal placé pour donner des leçons. »
Et sur ce, elle attrapa Methos par le cou et colla à nouveau ses lèvres aux siennes. Mac rangea son katana d’un air désespéré et se dirigea vers le bar du salon.
- « Tu as été dure, » dit Methos en essayant de rependre son souffle.
- « Je sais, mais je sais aussi me faire pardonner. Allez viens, je crois qu’on doit avoir une petite discussion tous les trois. »


Angelisa MacLeod avait tout appris sur l’immortalité, sur les guetteurs et la fonction exacte de Joe et sur l’âge et le passé de Methos. Et surtout, Duncan ne lui avait pas menti quand elle avait demandé ses chances de devenir immortelle. C’était d’ailleurs l’une des raisons qui avait poussé le Highlander à vouloir impérativement l’adopter elle malgré son mutisme. Il voulait être là le jour où cela arriverait, si toutefois ce jour devait arriver.

Angelisa finit ses vacances à Seacouver, pendant que Mac mettait la maison en vente, en naviguant toute les nuits de sa chambre à celle de Methos. Puis l’ancien et elle avaient regagné New-York. Cinq mois plus tard, juste avant de migrer pour Paris, Duncan était passé par la Grosse Pomme pour mener sa fille à l’autel, non sans avoir fait quelques rêves au préalable où il décapitait son futur gendre avant la noce.


Un an après avoir emménagé sur sa péniche à Paris, Duncan reçut un coup de fil de Methos.
- « C’est arrivé ! » dit simplement l’ancien.
- « En service ? »
- « Oui. »
- « Pas eu de problème pour la sortir de la morgue ? »
- « Non. Mais tous les flics du pays son à la recherche du corps, » répondit Methos.
- « Comment elle va ? »
- « Bien, mais elle doit restée caché le temps qu’on quitte les Etats-Unis. »
- « Vous… allez où ? »
- « Je sais pas encore. J’ai deux où trois endroits où on pourra parfaire son apprentissage. On t’appelle dès que possible. »
Voilà, c’était arrivé. Que dire de plus ? Methos lui dit au revoir mais avant de raccrocher, Mac dit :
- « Pour une fois, tu as dérogée à l’une de tes règles ! »
- « Laquelle ? » s’étonna Methos.
- « Ne jamais épouser une immortelle ! »


FIN

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MessageSujet: Re: Pris entre deux MacLeod [finie]   Dim 5 Fév - 19:21

merci d'être allé la rechercher au fin fond de ton disque dur^^

j'ai bien aimé pacque j'aime ton écriture, mais le methos amoureux n'est pas vraiment le type de methos que je préfère^^ je le préfère en bâtard froid et manipulateur...

Citation :
Methos se retourna d’un bloc. La jeune fille tenait son épée à deux mains, un peu maladroitement, mais il savait par expérience que c’était les moins aguerris qui pouvaient être les plus dangereux. Un coup qui dérape et hop, plus de tête.

J'ai bien aimé cette phrase, c'est très vrai, ils sont beaucoup plus imprévisibles car désordonnés, sans mouvement défini et reconnaissable appartenant à un quelconque style d'art martial.
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MessageSujet: Re: Pris entre deux MacLeod [finie]   Dim 5 Fév - 19:53

Merci Okami !

Citation :
mais le methos amoureux n'est pas vraiment le type de methos que je préfère
En fait, cette fic avait été écrite pour un défi lancée par Némi :

Défi FRM Aout 2010 :
- Retrouvailles de Methos et Mac qui se sont perdus de vue depuis 15/20 ans.
- Methos est amoureux et sur le point de se marier… avec la fille adoptive de Mac ^^
Mac découvre que Methos va épouser sa fille ; et Methos que Mac est son futur beau père seulement quelques semaines avant la cérémonie du mariage !!


Le défi a avorté faute de participant : seule Pitchoune et moi avons écrit et j'étais un peu hors sujet !
Donc, ma fic fait pendant à celle de Pitchoune "Just Married" que tu as pu lire ici.

Je me suis quand même amusée à l'écrire !

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okami
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MessageSujet: Re: Pris entre deux MacLeod [finie]   Dim 5 Fév - 20:36

ah oui effectivement la trame était déjà bien établie. Je me souviens de Just Married que j'avais bien aimé aussi, intéressant comment deux fic avec le même scénario de base sont sommes toutes assez différentes.
J'imagine bien que tu es pu t'amuser à l’écrire^^
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MessageSujet: Re: Pris entre deux MacLeod [finie]   Sam 11 Fév - 16:44

Tien oui c'est bizarre que t'es pas laissé le texte en ligne ???

Citation :
Je me souviens de Just Married que j'avais bien aimé aussi,
Merci ^^ Si t'as d'autres com's, je preneuse.
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MessageSujet: Re: Pris entre deux MacLeod [finie]   

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Pris entre deux MacLeod [finie]
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