Le Faux Rhum de Methos


 
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 Methos et Joe en Pays Comtois... ^^

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Némésis
Pré immortel(le)
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MessageSujet: Methos et Joe en Pays Comtois... ^^   Mer 21 Juil - 13:20

Je republie un autre de mes textes sur ce forum. J'ai toujours adoré le duo Methos/Joe... Et pui s un jour, je me suis dit "hum hum, on voit toujours l'action se dérouler à Paris ou dans de grandes villes comme Bordeaux... Et si ces deux là venaient à passer dans ma chèèère région, hihihi !"
Voilà donc le résultat du match HL vs Légendes Franc-comtoises... D'ailleurs je pense à la suite comme promis Nosni !

******
La route sur laquelle était engagée la voiture qu’avaient loué Methos et Joe était étroite et d’un tracé terriblement sinueux dont les lacets se perdaient au cœur de la forêt de Joux, toute proche. Joe, occupant la place du conducteur, jetait à intervalles réguliers des coups d’œil inquiets sur le ciel encombré de nuages de plus en plus sombres. La pluie avait commencé à tomber depuis le moment où ils avaient quitté la gare de Lausanne mais Joe soupçonnait que la situation ne tarde pas à empirer sous peu. Tandis qu’il se concentrait sur sa conduite, Methos – légèrement grelottant - vérifiait s’ils avaient encore du réseau avec son portable.
- Nada… On a atteint la fin du monde Joe, ronchonna-t-il tout en continuant de tapoter son téléphone sans grand espoir. Dis tu peux me rappeler ce qui m’a poussé à venir avec toi ? ?
- Tu t’ennuyais à Paris… et tu devais de l’argent à Mac.
- Ah oui, c’est vrai ! réalisa d’un air faussement ingénu le vieil immortel comme s’il venait d’être victime d’une illumination céleste. Il n’empêche… J’aurais du mieux me renseigner… bougonna-t-il dans son coin.
- Tu n’es jamais venu dans la région ? lui demanda Joe.
- Euh laisse moi réfléchir… (il fit mine de compter sur ses doigts) A l’époque de Charles Quint il me semble… mais bon ces dernières centaines d’années je me suis cantonné à Paris en dehors de quelques séjours en province.
- C’est l’occasion pour toi de redécouvrir un autre monde, plaisanta Joe tout en augmentant la vitesse des essuie-glaces afin de contrecarrer l’action de la pluie dont le débit venait de redoubler.
De violentes bourrasques de vents faisaient voler dans un étrange ballet les feuilles aux couleurs éclatantes de l’automne qui jonchaient les rebords de la route. La voiture, gagnant le couvert forestier, se trouva temporairement à l’abri de l’averse.
- J’ai froid, met le chauffage, se plaignit Methos après avoir contenu un éternuement.
- Tu sais, on se demande parfois comment tu as pu survivre à 5000 ans d’inconfort matériel … lui fit remarquer Joe en tournant un bouton.
Methos riposta à la raillerie par une grimace.

Ils roulèrent encore une bonne heure ainsi, s’enfonçant de plus en plus profondément au cœur d’une forêt dense où la visibilité était plus que limitée par la pluie intense et par le brouillard qui gagnait du terrain. L’humidité s’était infiltrée dans la voiture et Joe avait monté le thermostat du chauffage avant même que Methos lui en ait fait la remarque. Ce dernier tentait de faire la conversation à Joe pour le maintenir bien éveillé, mais Joe ne parlait plus depuis un moment déjà, et l’immortel s’était retrouvé à parler dans le vide – chose dont il avait généralement horreur.
- Si on mettait la radio ? proposa-t-il.
Il tourna le bouton de la radio et modula les ondes à la recherche d’une fréquence d’émission, mais tout ce qu’il obtint fut un bruit de neige, entrecoupé par moments de sons de voix qui semblaient sortir tout droit d’Outre-tombe.
- Je capitule, soupira Methos d’un air malheureux en éteignant.
Il jeta un coup d’œil à sa montre. Cela faisait près de deux heures qu’ils avaient quitté l’agence où ils avaient loué le véhicule, une volvo noire. Joe à ce moment là avait parlé d’une petite heure de route… A présent on était entre chien et loup, la lune pleine et blanche laissait deviner sa silhouette à travers le feuillage touffu des chênes et des sapins. De faibles lumières bordaient la route par intervalles irréguliers.
L’immortel se tourna vers le guetteur :
- Joe… Est-ce que je dois commencer à me faire du souci ?
Joe tourna la tête vers lui un bref instant et lui parla enfin :
- Je… Je crois que oui. Bon sang, pourtant j’ai déjà pris cette route une demi-douzaine de fois… s’énerva-t-il contre lui-même.
- Calme-toi… Dans cette purée de pois n’importe qui d’autre se serait tout autant perdu que nous. Il faut juste que nous nous sortions de ces bois… On va bien finir par trouver un village où passer la nuit !
- Je n’ai pas vu de panneaux depuis un moment…
- Si on fait demi-tour tu retrouveras le chemin qu’on a suivi pour arriver jusqu’ici ?
- Sincèrement ? Je ne peux pas le jurer compte tenu le nombre de croisements qu’on a passé, mais je ne crois pas qu’on ait de meilleur choix pour le moment.
Joe entreprit un demi-tour à un croisement mais au moment où il faisait la manœuvre, l’arrière de la voiture fut violemment percuté par quelque chose. Joe et Methos, projetés en avant, furent retenus par leurs ceintures. Ils mirent quelques secondes à comprendre ce qui s’était passé. La plaie que Methos avait au front se cicatrisa d’elle-même très rapidement tandis que Joe se tenait l’épaule.
- Ca va Joe ? ! s’inquiéta l’immortel en voyant son ami grimacer douloureusement.
- Oui… c’est le choc. La ceinture a fait pression sur mon épaule… je pense que ça va passer.
- C’était quoi ça ? ? ! s’exclama Methos ahuri en tournant la tête vers l’arrière.
- Un sanglier très probablement vu la violence du choc…
- On est rentré dans un sanglier ?
- Il est plus probable que ce soit lui qui nous ait chargé, ca arrive de temps en temps ici.
- Quelle sale bête !
- Il faut qu’on évalue les dégâts…
- Je m’en charge, reste là, des fois que notre ami à groin ne se trouve encore à proximité…
Methos sortit après avoir ouvert un parapluie au dessus de sa tête.
- Petit, petit, petit… murmura un Methos guère rassuré. Fiche le camp mon joli…
Il jeta un coup d’œil prudent avant de s’aventurer à l’arrière du véhicule où il découvrit que la carrosserie était toute déformée sous l’effet du choc qu’ils venaient de subir. Les feux arrière gauche avaient éclaté, et le pare-chocs était en piteux état. Mais le pire restait à venir : la roue gauche, complètement explosée, avait visiblement reçu de plein fouet le choc. Methos donna un coup de pied rageur dedans et poussa un juron avant de regagner l’intérieur de l’auto.
- Passe moi les clefs Joe, je dois changer la roue, elle a été défoncée.
Joe sortit assister Methos, malheureusement leur entreprise semblait vouée à l’échec. Une des conséquences inattendues du choc avait été de faire déraper la voiture sur le bas côté ; et l’auto s’était peu à peu embourbée sous l’effet de son propre poids dans le sol argileux gonflé de l’eau des pluies. Methos et Joe eurent beau unirent leurs forces dans l’adversité, Joe boostant le moteur tandis que Methos poussait de toutes ses forces, rien ne voulut bouger. Joe, glacé, finit par se réfugier dans l’habitacle – rejoint peu après par Methos.
- Qu’est-ce qu’on va faire ? soupira ce dernier en se séchant rapidement la tête. La voiture ne bougera pas à moins d’un miracle, ça c’est un fait établi.
- Je nous vois mal passer la nuit ici… Il fait trop froid et trop humide.
Joe ne voulait pas le montrer mais il était inquiet. Le poids des années commençait à se faire sentir et il craignait secrètement de ne plus avoir la force d’affronter une nuit aussi froide, sans parler de son épaule qui le faisait souffrir plus qu’il ne l’avouait.
- Il serait peut être sage de partir à pied chercher de l’aide, finit-il par dire.
- C’était aussi ce que je me disais… Mais écoute, pas besoin d’être deux, ne le prend pas mal mais j’irai nettement plus vite seul…
- Pas question, je connais la région ! protesta vivement Joe.
- Tu reconnais quelque chose dans ce fouillis semi-nocturne ? J’ai un bon instinct de survie combiné à un sacré sens de l’orientation… et puis.. (il s’approcha et posa sa main sur l’épaule de Joe qui dut se mordre la joue pour ne pas crier de douleur).
Joe finit par se résoudre à rester attendre dans la voiture. Il tendit néanmoins une boussole et une lampe de poche qu’il avait sortis de son sac à Methos.
- Merci MacJoe ! s’exclama en riant l’immortel. Mais comment se fait-il que tu aies ça ici ?
- Une vieille habitude…
- Bon je file.
Joe regarda l’immortel disparaître en courant sous la pluie, abrité sous un parapluie que le vent soulevait de temps à autres. Désireux de s’occuper l’esprit après son départ, il tira son sac à dos sur le siège à côté de lui et commença par bien calfeutrer les fenêtres. Il avait laissé le moteur coupé dans un premier temps, dans l’espoir de ne pas épuiser toute l’essence trop rapidement, mais le froid était si vif qu’il eut tôt fait de le rallumer afin de bénéficier de la douceur du chauffage. Il jeta un coup d’œil à sa montre qui indiquait 18h12 puis, profitant de la clarté encore présente, sortit de son sac un courrier qu’il relut avec soin. La missive contenait le motif de ce voyage en terre franc-comtoise… C’était un ami très proche de Joe, Lewis Harkness, – ancien condisciple à l’école des guetteurs vivant dans les environs depuis au bas mot une vingtaine d’années – qui l’avait rédigée. Il y faisait part de son désir d’être rayé de l’ordre des Guetteurs tout en se justifiant par un motif très flou, une demande que Joe ne pouvait concevoir de la part de son ami. Comment admettre en effet qu’un homme qui a voué toute sa vie à ce métier – sa passion – puisse faire une telle demande de manière aussi abrupte et inattendue ? ! Joe ne pouvait oublier que c’était grâce à Lewis qu’il n’avait pas abandonné ce métier qui était devenu si important pour lui au fil du temps. Aussi avait-il décidé en apprenant la nouvelle de venir rendre une petite visite à son vieux copain dans l’espoir d’en savoir plus…
Comme quoi ce genre de petits plans finit toujours par se retourner contre vous !

Pendant ce temps là Methos progressait de son mieux alors que la nuit gagnait du terrain. Courir l’empêcha de sentir le froid au début, mais ses vêtements trempés ne tardèrent pas à le glacer jusqu’aux os. Il s’obstina pourtant à suivre la route mal goudronnée. Un fracas épouvantable résonnait dans la forêt secouée par le vent et arrosée par la pluie.
- Fichue région, fichu pays… Fichu climat ! grommela-t-il entre les dents.
Alors qu’il faisait une pause pour reprendre son souffle, un éclair zébra le ciel, ponctué peu après d’un violent coup de tonnerre.
- Et m**** ! Il fallait que ce soit un orage !

Alors qu’il s’apprêtait à reprendre sa course, il s’immobilisa net. Il lui avait semblé entr’apercevoir quelque chose se mouvoir furtivement derrière les arbres, une forme blanche… Quittant la route, il s’enfonça dans les fourrés et jeta un coup d’œil de part et d’autre mais ne trouva rien de concluant. Néanmoins la certitude était ancrée en lui qu’il avait bien aperçu une bête, quelle qu’elle fut… L’esprit préoccupé, il reprit son chemin.

De son côté, Joe - sortant de ses pensées - massa ses doigts glacés et jeta un œil au niveau du carburant. Le voyant rouge de la jauge indiquant qu’on était sur la réserve s’était allumée un peu plus tôt. Il tira un colis enveloppé de son sac ; un cadeau pour Lewis…
- Bah, il comprendra ! murmura Joe à lui-même en défaisant le paquet de son emballage.
Il s’agissait d’une bouteille de whisky, l’alcool préféré de Harkness que Joe versa dans un verre de fortune et avala d’un coup sec. Il sentit bientôt une douce chaleur le gagner et sourit.

Methos commençait à songer à rebrousser chemin quand le miracle devenu inespéré se produisit : une lueur naquit dans les ténèbres… Il courut plus vite et s’aperçut qu’il s’agissait d’un véhicule garé devant un chemin de terre que la lune caressait de sa lueur blanche. L’immortel s’engagea sur le chemin et marcha une quinzaine de minutes, dévalant une pente vertigineuse couverte de feuilles – se rétamant au passage à deux reprises – avant de découvrir une petite chaumière à flanc de versant. Il s’arrêta un bref instant pour contempler le paysage nocturne en contrebas : jamais Methos n’avait réalisé qu’ils avaient gagné une telle hauteur auparavant ! La forêt enveloppait les terres comme un grand manteau sombre. S’approchant de la maison, il aperçut avec bonheur de la lumière à l’intérieur. Il frappa à la porte sans hésitation. On tarda un peu à lui ouvrir mais il se consola en se disant que lui aussi, s’il vivait ici, hésiterait à ouvrir à un inconnu à une telle heure. On finit par entendre un bruit de loquet qu’on déverrouillait et la porte s’ouvrit. Methos, un instant ébloui par la lumière en arrière-plan, eut du mal à distinguer l’homme qui se tenait sur le pas de la porte. Il se présenta et expliqua en quelques mots la nature de son problème. Son interlocuteur - un jeune homme d’une petite trentaine d’années prénommé Milo - s’empressa de se saisir de ses clefs et de sa veste ; puis, lui et Methos gagnèrent son véhicule par un raccourci beaucoup plus pratique que le chemin emprunté par Methos. A la faveur de la lumière du plafonnier, Methos détailla rapidement du regard l’autre homme par acquis de conscience au moment où ils montèrent dans la voiture. Relativement jeune, d’allure très athlétique, il représentait sans doute l’inverse absolu de l’archétype de l’homme qu’on s’attend à voir vivre seul au fond des bois…
- Vous n’êtes pas du coin… c’est très facile de se perdre ici surtout à cette période de l’année… fit remarquer le jeune homme en conduisant. J’en ai fais l’expérience quand je me suis installé ici… Maintenant ça va.
- Vous n’êtes pas français n’est-ce pas s’enquit Methos.
- Mon accent me trahit encore ? fit en riant le conducteur. En effet, je suis espagnol mais j’ai fais une partie de mes études à Paris.
- Si ce n’est pas indiscret… Quelle raison vous a poussé à venir vous enterrer dans ce désert… ?
- Mes amis se posent la même question… avoua Milo avec le sourire. Je prépare une thèse dans le domaine du récit fantastique traditionnel… Tout ce qui porte sur les mythes et légendes des forêts de l’Est de la France et de la région rhénane.
- Vaste sujet….
- En effet, d’ailleurs je ne m’en sortais pas, c’est ce qui m’a poussé à faire le point sur mon travail. Mon professeur, un véritable ami, m’a laissé les clefs de sa maison de vacances où il n’a plus le temps de venir actuellement. J’entretiens la maison et j’y trouve de quoi me ressourcer et me remettre au travail.
- La civilisation ne vous manque pas ?
- De moins en moins à vrai dire… c’est si paisible ici. Ca fait peur à beaucoup de gens mais j’ai recouvré une vraie quiétude en me retrouvant ici. Et puis quand j’en ai assez de mon exil, je pars faire mes recherches dans la région puisque mon travail consiste aussi à recueillir la tradition orale qui s’est perpétuée dans les villages. Plus je parle aux personnes âgées et plus je m’aperçois de tout ce qu’elles ont à nous apprendre…
- Je crois qu’on arrive… voilà la voiture, fit Methos en pointant du doigt une masse sombre.
L’immortel sauta de voiture et courut voir dans quel état était Joe. Il le trouva bien réveillé et un peu plus joyeux que de coutume… Ramassant la bouteille de whisky vide avec un sourire, il aida son ami à marcher jusqu’au 4x4 Range Rover de Milo avant de ramasser toutes leurs affaires et de remonter à côté du conducteur.
- Encore merci… Vous nous sauvez la mise !
- C’est naturel voyons…
Après avoir fait demi-tour, Milo regagna la maison.
- Et vous, qu’êtes vous venu faire ici si ça n’est pas indiscret ? s’enquit Milo.
- Nous sommes venus rendre visite à un ami de mon ami, répondit Methos en indiquant Joe d’un mouvement de tête. Lewis Harkness…
- Harkness ?! répéta Milo avec élan.
- Oui, vous le connaissez ?
- Très bien, il habite à une vingtaine de kilomètres par la route mais par la forêt c’est beaucoup plus court. Je le croise parfois pendant mes randonnées et il nous arrive de discuter. Il a voulu m’apprendre à chasser mais je n’ai pas eu le courage d’aller jusqu’au bout…. J’appellerai une dépanneuse demain pour votre voiture, puis nous verrons si Harkness peut venir vous chercher…
- Ce serait fantastique merci.

Milo installa Joe dans une chambre pour ami et Methos se contenta d’un vieux sofa très confortable dans le salon. Après avoir déposé des couvertures à leur intention, l’espagnol ranima un peu le feu dans l’âtre de la cheminée avant de monter se coucher. La maison était fort agréable avec ses plafonds hauts aux boiseries apparentes toutes en chêne, son sol carrelé, sa cheminée très imposante, son odeur champêtre et son grand escalier. L’ameublement mêlait quant à lui avec goût tradition et modernisme.

***************
Methos s’étira longuement avant de poser une main sur ses yeux. Il venait tout juste de s’éveiller d’un sommeil que n’avait perturbé nul rêve. Voyant de la lumière transparaître de derrière les volets fermés, il se demanda quelle heure il pouvait bien être. Se penchant au bord de son lit de fortune, il attrapa sa montre qu’il avait abandonnée la veille sur la table basse, à côté d’un gros poste radio qui devait dater de la seconde Guerre Mondiale au bas mot mais qui était visiblement encore en état de marche. A peine eut-il jeté un coup d’œil sur le cadran qu’il sauta de lit et s’habilla. Il était presque midi ! En sortant du salon, il tomba nez à nez avec son hôte. Ce dernier, vêtu assez chaudement, venait à peine de rentrer.
- Bonjour ! s’exclama-t-il en voyant Methos.
- Bonjour… Oh, je… Je ne pensais pas avoir dormi aussi tard, désolé.
- Bah vu les péripéties qui vous sont arrivées vous méritiez amplement une bonne nuit de repos. Je me suis occupé d’appeler le dépanneur, il devrait bientôt venir chercher votre véhicule. Par contre, Harkness n’a pas décroché. Il est bien au courant de votre visite ?
- Plus ou moins… murmura Methos, restant dans le vague.
- Je pense qu’il vaudrait mieux que vous restiez ici le temps que nous soyons surs que notre ami est chez lui… J’essaie d’éviter au maximum les déplacements inutiles pour des raisons écologiques…
Tout en parlant, les deux hommes avaient gagné la cuisine où Joe, visiblement bien remis, s’affairait à préparer un repas digne de ce nom.
- Je m’apprêtais à me préparer un sandwich… murmura Milo, agréablement surpris. (puis regardant le grand plan de travail : ) Wow, je ne me doutais pas de tout ce que j’avais dans mes placards…
Milo ressortit de la maison et gagna la grange où il se mit à bricoler. Methos, quant à lui, tenta d’aider son ami mais sa maladresse était telle que Joe le supplia presque de le laisser faire. L’immortel se servit une tasse de café noir et s’assit à table avec un air songeur.
- Quelque chose te préoccupe ? remarqua Joe.
Methos haussa les épaules et jeta un regard circonspect au guetteur :
- Il y a quelque chose qui ne colle pas ici… je ne sais pas encore ce que c’est Joe mais j’ai le nez pour ça, crois moi, c’est trop beau pour ne pas cacher quelque chose de pas très catholique…
- Tu ne nous referais pas une petite crise de paranoïa par hasard ? Tu vas me ressortir qu’on est comme Mulder et Scully, et en conclure que notre hôte est un dangereux psychopathe…
- Il est trop… gentil ce gars là ! Ca cache quelque chose… Tu sais comme dans ces contes qu’on lit aux gamins… La jolie maison dans la forêt qui finit toujours par se révéler être en réalité un repaire de voleurs et d’assassins ou la demeure d’une sorcière…
- Hé tu oublies la maison des sept nains et celle des trois ours… se moqua gentiment Joe tout en assaisonnant son plat.
- Oh Joe, je t’en prie, tu comprends où je veux en venir bon sang ? ! !
Joe se retourna, un torchon à la main :
- Ben non, pas vraiment en fait. Je peux comprendre que le parisien en toi ait perdu toute notion de ce qu’est l’hospitalité, mais admet que c’est pousser un peu loin les choses que de comparer notre hôte à Barbe Bleue… (et alors que Methos allait protester, il leva une main et ajouta : ) Tu es le premier à avoir utilisé la métaphore du conte de fée alors pas la peine de me regarder comme ça !
- Le problème murmura Methos c’est que je ne parlais pas par métaphore…
- Si ça peut te rassurer je n’ai trouvé ni chaudron, ni d’étrange ingrédient planqué dans les placards, seulement de quoi faire une sauce vraiment délicieuse ! rétorqua Joe, un sourire taquin aux lèvres tout en remuant sa préparation avec une grande cuillère en bois.
- C’est bon, ça va, pas la peine de tirer sur l’ambulance. J’ai exagéré, je le reconnais…. Soupira Methos en faisant mine de battre retraite de la cuisine.

Le reste de la journée s’écoula tranquillement. Harkness n’étant visiblement toujours pas rentré, Milo insista pour emmener ses invités faire un tour à pieds jusqu’à l’un des grands lacs de la forêt.
- L’Espagne ca ne vous manque pas ? La chaleur, le soleil, les filles… fit Methos tout en progressant d’un pas mal assuré en pleine nature – il en serait presque venu à regretter les trottoirs souillés de Paris !
Milo haussa les épaules :
- On a des étés magnifiques ici, je n’ai pas à me plaindre… Et la région gagne à être connue même si vous êtes fermement convaincu du contraire ! Quant aux filles, elles ont tout autant de charme ici qu’en Espagne, la différence de caractère n’est pas pour me déplaire ! Tenez on arrive, voilà le lac… fit-il en pointant du doigt une forme vague.
Les trois hommes venaient d’aboutir sur un belvédère offrant un point de vue formidable sur la grande étendue d’eau s’étalant en contrebas. Le lac, niché au creux des bois, était d’un bleu turquoise en son centre tandis que le contour alternaient des teintes jaunes, vertes et orangées, accordées aux couleurs automnales qui paraient la nature environnante. Même Methos se laissa ensorceler par le charme du lieu. Le froid humide avait laissé place à une douce brise sèche. Après un moment de contemplation silencieuse, les trois hommes rebroussèrent chemin.

La pluie se remit à tomber violemment dans la soirée, juste après un appel du dépanneur indiquant qu’il ne pourrait pas se charger du véhicule avant un ou deux jours. Methos et Milo se concertèrent – laisser la voiture dans ce bourbier même un jour de plus risquait de causer des dommages irréparables à l’engin, si le moteur n’était pas déjà complètement noyé ; aussi prirent-ils la décision de tenter le tout pour le tout. Ils montèrent dans le 4x4 de l’espagnol et, emportant deux bidons d’essence et des outils, roulèrent sous la pluie battante jusqu’au lieu où la Volvo avait fini sa course. Methos s’empressa de vidanger le réservoir avant d’y verser l’essence tandis que Milo jetait un œil au moteur.
- Je pense que je vais y arriver ! cria-t-il pour que Methos l’entende malgré les bourrasques de vent qui couvraient sa voix.
A son signal Methos démarra le moteur mais rien ne se produisit. Il fallut qu’ils conjuguent leurs efforts pour qu’enfin le doux ronronnement du moteur renaisse enfin, après quoi ils attachèrent un câble épais au pare-chocs de la Volvo et commencèrent à treuiller le véhicule vers la route. Ce ne fut pas tâche aisée mais ils finirent par la mener à bien. Une fois la voiture bien calée sur la route mal goudronnée, Methos sortit le cric et la roue de secours et commença à la changer, secondé de Milo. Methos avait espéré pouvoir reprendre la route avec la Volvo immédiatement, mais quelque chose bloquait encore au niveau du mécanisme de la roue. Les deux hommes eurent beau s’obstiner, rien n’y fit. En désespoir de cause, Milo décida de treuiller l’auto jusqu’à la maison. Methos s’assura que le lien de fixation était bien en place et il monta à côté de Milo, ce dernier démarra.

La soirée passa agréablement. Methos et Joe expérimentèrent quelques spécialités culinaires et vinicoles de la région, et Milo leur raconta un certain nombre de croyances locales à vous donner froid dans le dos en même temps que fascinante. Une histoire, en particulier, marqua Methos : celle de l’assemblée des loups : chaque année à la même date les loups se réunissaient au sein de l’église d’un village et assistaient à un office religieux pratiqué par un prêtre-loup.
- La forêt est le milieu par excellence d’épanouissement de la magie et du rêve. Les hommes ont toujours souhaité comprendre l’inexpliqué et là où la raison et la science ne suffisaient pas à combler ces inconnues, les légendes ont pris la relève… fit Milo alors qu’ils en étaient venus à parler de l’origine de ces légendes. Depuis tout gamin je suis passionné de ces histoires et c’est tout naturellement que je me suis orienté vers ce type de recherches… C’est un patrimoine à préserver et dont il est important de découvrir les mécanismes car ils nous en apprennent beaucoup sur les hommes du passé, ceux qui ont créée ces mythes… C’est un peu une manière de rentrer en contact avec eux et de les interroger à travers la tradition orale sauvegardée…
Les trois hommes ne tardèrent pas à aller se coucher. Methos, étendu sur le côté, la tête calée sur des coussins empilés, ne parvenait à trouver le sommeil en dépit de la fatigue qui l’accablait. Il se releva et alla coller son front contre la vitre glacée. A travers les persiennes en bois il distinguait les trombes de pluie et la silhouette des arbres se dessinant à la lueur du clair de lune. Ceux-ci se balançaient sous les rafales de vent comme si on leur avait insufflé la vie et qu’ils s’étaient mis à danser sous le ciel sombre de Dame Nuit. Methos frissonna en repensant à MacBeth et aux Sorcières… Ce décor aurait été digne de les abriter… Cette région avait vraiment quelque chose de spécial… Il se rappela les mots de son hôte parlant d’une terre capable d’engendrer les légendes… Une terre magique - effrayante et attirante en même temps, la présence de Milo en était l’attestation même. Et puis mythe ou pas, ne dit-on pas que toute légende contient un élément de vérité… ? !
Alors qu’il regagnait son lit de fortune, Methos discerna comme un bruit de pas feutrés dans le couloir…. Cédant au vieux démon de la curiosité, l’immortel ne put s’empêcher d’aller jeter un œil : entrouvrant sans bruit la porte, il distingua une silhouette au bout du couloir se dirigeant vers le hall d’entrée – et reconnut Milo… Drôle d’heure pour une ballade en forêt ! Sans se poser plus de questions, Methos enfila son jean, un pull et ses chaussures, et entreprit de suivre son hôte. Il sauta les quelques marches précédant le hall, passa la porte en silence et ne tarda pas à apercevoir la silhouette de Milo s’éloignant dans la même direction que celle qu’ils avaient emprunté ensemble un peu plus tôt pour se rendre au lac. Methos réussit à le filer sans trop de peine, mais parvenu à un certain point, il le perdit un instant de vue, et alors qu’il pressait le pas pour ne pas se laisser trop distancer, il s’aperçut que Milo s’était volatilisé comme par magie. En dépit de tout ses efforts, il ne parvint à le retrouver dans la pénombre étouffante des bois. Il avait cessé de pleuvoir depuis un moment et une forte odeur de résineux humide flottait dans l’air. Alors qu’il rebroussait chemin en désespoir de cause, il réalisa qu’il se trouvait tout près du grand lac dont la surface sombre et lisse comme de l’huile reflétait la lune et les étoiles, à présent que le ciel s’était quelque peu dévoilé. Methos leva le nez et contempla leur éclat scintillant, vraiment rien à voir avec la grisaille nocturne de la nuit parisienne dut-il bien admettre. Un craquement derrière lui le fit se tourner brusquement. Il eut juste le temps d’apercevoir comme un éclair blanc qui se faufilait à travers la sylve, entre les sapins, les chênes et autres essences sauvages, après quoi l’obscurité reprit ses droits sur la forêt… Mais Methos savait au fond de lui que ne pas voir l’autre ne signifiait pas pour autant être seul. Toujours aux aguets, il ne bougea pas d’un pouce. Alors qu’il reprenait la direction dont il venait, à l’opposé de la maison de Milo, l’ombre blanche se manifesta de nouveau. C’était comme si la créature tapie dans la nuit surveillait les moindres faits et gestes de l’immortel et qu’en se manifestant, elle lui signalait les limites à ne pas franchir... Methos secoua la tête ; n’était-il pas en plein délire ? ! Les légendes du coin commençaient à lui monter à la tête, à moins que ce ne fut l’alcool de prune qu’il avait goutté.
Décidé à en avoir le cœur net, l’immortel s’avança résolument dans la direction interdite. Au bout de quelques mètres il se figea net, les muscles douloureusement crispés par la stupeur… Un loup énorme venait de paraître devant lui. Son poil, d’un blanc immaculé scintillait presque dans la nuit, tout comme les crocs que découvrait sa gueule grande ouverte… Le corps tendu, le grondement rauque, les oreilles pointées en arrière ; tout semblait indiquer le prédateur prêt à se jeter sur sa proie – Methos en l’occurrence. Ce dernier recula de quelques pas tout en cherchant des yeux quelque chose pour se défendre. Si seulement il avait pris le temps de s’armer de son épée avant de quitter la maison mais bien sur il ne l’avait pas fait… L’immortel fixa le loup droit dans les yeux dans l’espoir de l’effrayer et le voir battre en retraite – c’était généralement ce qui se passait quand un loup se trouvait seul face à un humain ; mais celui-ci ne réagit pas du tout comme l’avait escompté Methos ; loin d’être effrayé, il semblait toujours plus déterminé et menaçant. Methos ramassa une grosse pierre sur laquelle il venait de buter et la serra fortement au creux de sa main. Alors que l’immortel cogitait sur le meilleur moment où commencer à courir, le loup redressa les oreilles, tourna la tête et, sans un regard en arrière, se faufila entre les branchages. Il disparut ainsi, abandonnant un Methos quelque peu surpris. Ayant lâché la pierre il se dit que pour l’heure mieux valait regagner un lieu hospitalier tant il lui semblait toujours que deux yeux lumineux l’épiaient dans l’obscurité…

Il n’eut pas le loisir de raconter son étrange aventure le lendemain matin à Joe car Milo se trouvait avec lui dans la cuisine quand il se leva.
- Harkness m’a laissé un message très tôt ce matin. Il vient de rentrer de Pontarlier où il avait quelques affaires à régler. Il s’est montré très surpris de vous savoir là… précisa le jeune Espagnol d’une voix un peu pensive avant de continuer comme si de rien n’était : quoi qu’il en soit, il passera vous prendre dans le début de l’après-midi.
- Quelle bonne nouvelle ! fit Joe, visiblement inconscient du malaise qui planait dans l’air ce matin là. N’est-ce pas Adam ?
Ce dernier se contenta de secouer la tête pour confirmer.
- Dites-moi Milo… Je me pose une question.
- Laquelle senor Pierson ?
- Je me demandais… cette forêt abrite-t-elle encore des… loups ?
Milo ne manifesta aucun étonnement face à cette question et se contenta de répondre avec naturel comme il l’avait toujours fait jusque là, mais quelque chose dans sa façon d’être fit tiquer Methos.
- Il y en avait énormément par le passé, mais aujourd’hui le seul endroit où vous pourriez encore en apercevoir en France ce sont les Alpes… fort loin d’ici. Pourquoi cette question ?
- Juste comme ça… fit Methos avec un sourire badin.
- J’espère que les légendes du coin ne vous ont pas trop inquiétées… La région peut paraître quelque peu… inhospitalière aux étrangers surtout en cette saison.
- Il en faut plus que ca pour m’effrayer…
- Je le crois aussi… conclut Milo avec un sourire dont Methos eut la sensation qu’il sous-tendait plus qu’il n’en voulait bien laisser paraître. Bon je vous laisse je dois aller couper un peu de bois…
Une fois Milo éloigné, Methos s’empressa de raconter à Joe sa rencontre nocturne.
- Tu dis avoir été attaqué par un gigantesque loup phosphorescent la nuit dernière ? ! Qu’est-ce que tu fichais dans la forêt à cette heure de la nuit ? ?
- Ce n’est pas la question Joe, tu as entendu ce que je viens de te dire ou non, bon sang ? ! Cette forêt abrite quelque chose…
- Ecoute, je te crois mais on n’a vu aucun loup dans cette région depuis des décennies… Ce serait un hasard bien étrange que tu sois tombé sur le seul qui reste comme ça…
- Justement, je ne crois pas aux hasards…
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Némésis
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MessageSujet: Re: Methos et Joe en Pays Comtois... ^^   Mer 21 Juil - 13:21

Harkness se décida à faire apparition au beau milieu de l’après-midi, au volant d’une vieille jeep qui devait dater d’une bonne trentaine d’années. Il sauta littéralement à bas de son véhicule après avoir freiné d’un coup sec et marcha jusqu’à Milo, Methos et Joe. C’était un homme d’une bonne quarantaine d’années à l’allure dégingandée, tranquille à première vue, mais dont le visage aux traits aigus dégageait quelque chose de malicieux et de légèrement fantasque. Il avait de courts cheveux poivre et sel, arborait une barbe de trois jours, et portait un jean et un sweet à longues manches. Après avoir échangé une accolade fraternelle avec Joe et salué d’un coup d’œil complice Milo, il se tourna vers Methos – officiellement Adam Pierson – qu’il jaugea d’un regard rapide, ce qui mit vaguement mal à l’aise ce dernier qui n’aurait pas tardé à le faire savoir si Joe ne s’était pas trouvé là pour le calmer d’un regard.
- Ca alors Joe, s’il y a bien une personne que je n’attendais pas, c’était bien toi ! lança Harkness d’un ton plein de sous-entendus que contredisait son large sourire tout en se frottant pensivement la joue.
- J’aurais du te prévenir, mais impossible de te contacter par téléphone… mentit Joe avec un soupir. Je passais dans le coin pour affaires donc je me suis dit que c’était l’occasion ou jamais de venir te voir après tout le temps qui s’est écoulé depuis notre dernière rencontre.
- Bien, sur… Tu as eu raison, ça me fait vraiment très plaisir que tu aies eu cette charmante initiative ! Je te reconnais bien là mon ami, s’exclama Harkness d’un air sincère, mais d’une façon peut être un peu trop appuyée au goût de Methos…
Tandis que Joe entreprenait pour Lewis le récit des péripéties qu’ils avaient du affronter depuis leur arrivée en Franche-Comté et que Milo sortait des bières fraîches de la cave, Methos profita de set instant de répit pour observer plus attentivement l’ami de son ami : le dynamisme qui se dégageait de sa personne semblait masquer quelque chose d’autre en profondeur – impossible de dire quoi mais Methos avait remarqué que son visage était marqué d’une certaine dureté par instants.
- Eh bien, ça n’a pas été de tout repos. Les éléments se sont ligués contre vous à ce que je vois ! lança Harkness après avoir bien ri et avalé une gorgée de bière. (puis plus sérieusement : ) Cette terre n’aime pas les étrangers, elle a probablement voulu vous le faire savoir. Heureusement que mon ami Milo était là pour vous donner un coup de main, c’est un vrai bon samaritain ce gamin...
Il y avait une pointe d’ironie dans ces derniers mots mais aussi d’affection non préméditée.

Les trois hommes s’en allèrent une heure plus tard non sans avoir de nouveau remercié Milo de son hospitalité. Après avoir roulé quelques minutes, Harkness et Joe eurent une conversation à cœur ouvert :
- Bien, maintenant que nous voilà entre « initiés » si je puis dire, commença Harkness en exposant visiblement le tatouage qu’il avait sur le poignet, je crois qu’on n’a plus rien à se cacher… surtout lorsque l’on est de vieux amis comme nous deux, n’est-ce pas Joe ? ne dis rien, ta présence ici n’aurait-elle pas à voir avec ma lettre au Comité des Guetteurs ?
Joe le reconnut, conscient qu’il ne servait à rien de chercher à mentir à Lewis – ce dernier détestait être pris pour un idiot.
- Tu n’as rien perdu de ta perspicacité…
- Tu vois, je ne suis ni sénile, ni déprimé… Aucun motif d’inquiétude à avoir en ce qui me concerne, ça te rassure mon vieux ?
- A vrai dire, ça me pousserait plutôt à m’interroger davantage sur tes motivations réelles. Tu as toujours adoré ce job, observer et retranscrire ton analyse personnelle du comportement de tes sujets, je n’ai pas oublié combien ça te passionnait…
- Oui, daigna reconnaître Harkness, mais ça c’était « l’ancien moi ». J’ai pris un peu de recul depuis et je me suis rendu compte que mes priorités avaient changé… Maintenant je ne veux plus regarder vivre les autres, mais me laisser enfin aller à vivre moi-même, je crois que c’est quelque chose de normal, non ? Après toutes ces années de bons et loyaux services passées dans les rangs de l’Ordre, je pense avoir amplement mérité ma retraite ! Il y aura sans doute un moment de ta vie où tu ressentiras ça toi aussi, fin de l’Histoire ! Je préfèrerais qu’on ne revienne pas trop sur le sujet si ça ne t’ennuie pas, tu ne me feras pas changer d’avis de toute façon.
Joe resta silencieux jusqu’à la maison de Harkness, visiblement moyennement convaincu par le petit speech de son ami. Methos, à l’arrière, n’avait pas desserré les dents et commençait à s’ennuyer ferme, ainsi qu’à regretter Paris et son ciel gris.

Harkness vivait dans une vieille ferme pleine de charme entièrement retapée par ses soins, établie entre des champs de tournesols en contrebas de la colline et la forêt, Joe et Methos s’installèrent dans les chambres d’amis – vastes pièces très lumineuses situées au rez-de-chaussée au papier peint ancien plein d’un charme désuet tout comme le mobilier et l’odeur bien typée. Methos se laissa tomber avec un soupir de bonheur sur le gigantesque lit au matelas bien moelleux et piqua un somme, ne se réveillant que deux heures plus tard, quand le soleil commençait à tomber. Quittant la maison après s’être emmitouflé dans son manteau (ze manteau noir lol) et avoir enroulé une interminable écharpe de laine grise autour de son cou pour se protéger de la fraîcheur automnale, il retrouva Joe près d’un enclos dans lequel paissaient quelques chevaux et juments. Le vieux guetteur était justement entrain de flatter l’encolure d’un bel étalon à la robe chocolat. Il tourna la tête en entendant approcher Methos :
- Bien dormi la belle au Bois Dormant ? s’enquit il avec un sourire prononcé.
Methos passa sa main dans ses cheveux ébouriffés qu’il n’avait pas pris la peine de peigner :
- Alors, où est passé ton ami ? se contenta-t-il de demander, faisant mine de ne pas avoir entendu.
- Lewis est allé « faire joujou avec sa hache dans les bois » comme il dit lui-même, fit Joe avec un haussement d’épaules et un sourire jaune.
- Je savais qu’il fallait se méfier de ce type ! s’exclama Methos du tac au tac, entrant dans le petit jeu de Joe.
Joe leva les yeux au ciel avec un sourire :
- Ce sale type va nous ramener du bois !
- Personne ne connaît le chauffage central ici ? soupira Methos.
- Profite du charme de la campagne, et de la possibilité qu’on a pour une fois de respirer sans être asphyxié par les pots d’échappements, au lieu de ronchonner tout le temps. Tu sais que tu vas finir aussi bougon qu’un vieux garçon si tu continues?!
- S’il y avait une jolie fille dans les environs je te montrerais de quoi il est capable le « vieux garçon » ! se récria Methos.
Au même instant une jument se pencha au dessus de la barrière et vint appuyer sa tête contre l’épaule de Methos qui sursauta, surpris.
- Bravo, tu as déjà fait une conquête je te félicite Play-boy et te fais mes plus plates excuses, elle est magnifique ! le railla gentiment Joe en s’éloignant vers la maison.
- Hé attends, me laisse pas seul ! fit Methos en le suivant d’un pas pressé.
- Toujours anxieux à cause de ton loup imaginaire ?
- Oui, enfin non puisqu’il est bien réel, je parviendrai à te le prouver tu verras ! Dis tu comptes faire quoi là au juste ? demanda Methos, changeant brusquement de sujet en voyant Joe pousser la porte de la vaste pièce contenant la bibliothèque privée de Harkness.
- Je veux découvrir ce que Lewis me cache, c’est simple…
- Je me disais bien aussi qu’on courait droit à la catastrophe… soupira Methos en jetant un coup d’œil autour de lui sur les vastes rangées de bouquins.
- Surveille la porte je ne voudrais pas que Lewis nous surprennent à fouiner ici.
- C’est ton ami, il ne t’en tiendrait pas rigueur non ??
- Pour qu’il prenne tant de peine à me cacher son secret, je doute qu’il réagisse très bien s’il venait à découvrir ce que je suis entrain de faire, répliqua Joe tout en parcourant du doigt des rangées entières de bouquins. Je ne tiens pas à perdre son amitié mais je me dois de savoir.
- Et tu crois sincèrement trouver ici quelque chose qui pourra nous expliquer ce qui se passe dans le crâne de ton ami ? Tu sais moi je pense qu’il a raison de vouloir s’amuser un peu – quoi que le choix de l’endroit qu’il a fait pour mener sa nouvelle vie est un peu euuuh… particulier, mais en dehors de cela, c’est plutôt toi qui m’inquièterait…
- Surveille au lieu de me déconcentrer !
- Bon, bon !! soupira Methos en retournant sur ses pas.
Joe de son côté, parcourut de long en large et de bas en haut la bibliothèque, inspecta le gros bureau jusque dans ses moindres recoins, sans succès.
- Tu as seulement une petite idée de ce que tu cherches ? l’interrogea Methos perplexe. Ses rapports de guetteur ?
- A priori il a tout rendu à nos chefs quand il a quitté... Mais il doit bien y avoir au moins un élément pouvant nous éclairer sur ce que veux nous cacher Lewis.
- Tu es sur que tu ne te bats pas contre des moulins à vent ? Je veux dire, tu es persuadé que Lewis nous cache des choses mais sur quoi est réellement basée cette certitude à part ton impression personnelle ?
Joe s’était immobilisé.
- Je connais Lewis, fut sa seule réponse avant qu’il ne se remette à chercher.
Methos haussa les épaules et s’avança pour donner un coup de main à son ami, bien qu’il fut intimement persuadé qu’il n’y avait rien à trouver. Après un moment de recherches infructueuses, il se laissa tomber dans le fauteuil du bureau et s’amusa à rouler avec d’un bout à l’autre de la pièce, sous le regard agacé de Joe. Alors qu’il achevait un ultime trajet, il approcha de la cheminée et passa sa main sans trop y croire sur les moulures en pierre, histoire d’aller jusqu’au bout dans le délire des chasseurs de secrets, et c’est à cet instant que la cheminée fit un demi-tour sur elle-même, transportant Methos directement de l’autre côté du mur, dans une pièce plongée dans le noir !
Ce dernier mit quelques secondes à réaliser ce qui venait de se passer, et une fois la chose admise, commença à chercher à tâtons la pierre qui avait déclenché le mécanisme.

De l’autre côté, Joe, plongé dans son exploration des fonds de tiroir, ne s’était aperçu de rien. Ce n’est qu’en entendant comme le bruit d’une voix étouffée, presque caverneuse, l’appeler qu’il se posa des questions. Tournant la tête vers Methos, il découvrit qu’il n’y avait plus personne. Il approcha de la cheminée à côté de laquelle traînait le fauteuil à roulettes vide de tout occupant et resta un instant perplexe. Le son se reproduisit, une voix humaine mais impossible de dire d’où elle provenait !
- Methos ? C’est toi ?
- Qui veux-tu que ce soit d’autre ! ? s’irrita l’immortel.
- Tu es où ?
- De l’autre côté de la cheminée !
- Je dois rêver...
- Mais non, soit content j’ai trouvé ce que tu cherchais sauf que là je suis coincé ! Alors, tu vas me sortir de là Joe ? ! Bon sang, tu attends qu’il pleuve ou quoi ?
- Calme toi, je cherche ! cria Joe pour se faire entendre.

Quelques minutes plus tard, les deux compères étaient de nouveaux réunis à l’intérieur de la salle secrète, une petite pièce pourvue d’électricité pour tout dire, dans laquelle étaient entreposés des livres dans de grandes armoires ainsi que des objets anciens ou exotiques – la collection que Lewis avait laborieusement réunie au fil de ses voyages.
- Il y a de très jolies choses... Ce n’est pas une mauvaise idée d’avoir muré cette pièce pour protéger tout cela, c’est certainement plus discret en tout cas qu’un coffre ! remarqua Methos.
Dans un coin, alignés contre un mur se trouvait une série de cartons pleins de vieux vinyles de Jazz et de Rock – Billie Holiday, Armstrong, Gillespie, Charlie Parker ; Bob Dylan, Jimi Hendrix pour ne citer qu’eux. Methos en sélectionna un et le posa sur le tourne-disque qui se trouvait sur la table. Bientôt retentit la chanson « Venus in Furs » des Velvet Underground dans la pièce, avec ce son un peu graveleux, si propre aux tourne-disques. Il ouvrit grand les portes d’une armoires et plongea littéralement son nez dedans avant d’en ressortir avec une pile de cartons dans les bras. Joe le déchargea et les ouvrit.

Des cahiers, et sur la couverture, le sceaux des guetteurs en impression.... Il jeta un coup d’œil à Methos qui ne dit rien. Le doute ne semblait plus avoir sa place.
L’un et l’autre, ils s’assirent à la table et ouvrirent le premier cahier, dont ils commencèrent la lecture....
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Pitchoune
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MessageSujet: Re: Methos et Joe en Pays Comtois... ^^   Mer 21 Juil - 19:01

Oh mais que lis-je ici ? C’est l’histoire du loup blanc !! Je pensais pas lire la suite un jour ^^ Par contre, j ne me souvenais plus qu’il s’appelait Lewis Harkness, l’ami de Joe ! Elle avait pas un autre titre cette fic ?

Citation :
Au même instant une jument se pencha au dessus de la barrière et vint appuyer sa tête contre l’épaule de Methos qui sursauta, surpris.
- Bravo, tu as déjà fait une conquête je te félicite Play-boy et te fais mes plus plates excuses, elle est magnifique ! le railla gentiment Joe en s’éloignant vers la maison.
Oh trop fort ^^ Même les animaux sont accro à Methos !

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Cixi
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MessageSujet: Re: Methos et Joe en Pays Comtois... ^^   Jeu 22 Juil - 20:38

Elle est un peu longue pour moi cette fic...
Du coup, je la lis petit bout par petit bout pour bien en profiter, je mettrais un com quand j'aurais finit.
Merci de nous en faire profiter Némi
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Némésis
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MessageSujet: Re: Methos et Joe en Pays Comtois... ^^   Jeu 22 Juil - 22:02

Pitchoune > non je n'ai jamais trouvé un titre qui me convenait, ca viendra surement un de ces jours lol

Pas de souci Cixi, prends ton temps ^^
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Atalante
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MessageSujet: Re: Methos et Joe en Pays Comtois... ^^   Mer 28 Juil - 12:20

Sympa le début Némi !

Est-ce que tu pourrais mettre "a suivre" ou "fin" à la fin de tes posts ?

_______________________________________________________________________________________________
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Némésis
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Messages : 520

MessageSujet: Re: Methos et Joe en Pays Comtois... ^^   Mer 28 Juil - 13:48

Merci Atalante, et là c'est à suivre ^^
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okami
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Messages : 15

MessageSujet: Re: Methos et Joe en Pays Comtois... ^^   Dim 5 Fév - 19:43

La suite est-elle prévue ? je l'espère Smile

j'adore cette fic ! bravo Némésis.
Depuis j'imagine Methos en vadrouille dans mon pays cévenol, perdu dans un minuscule village au fin fond d'une montagne avec des habitants qui regardent méfiant tout étranger qui débarque^^ et je ne peux qu'imaginer methos ayant un passé sur certains faits marquant du pays, tels que la guerre des camisards.
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Némésis
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MessageSujet: Re: Methos et Joe en Pays Comtois... ^^   Lun 6 Fév - 13:19

merci !!! La suite devrait venir mais pas dans l'immédiat, en ce moment je travaille sur mon roman et je me concentre dessus à 100%.
Quand j'ai commencé cette histoire je me suis dis, pourquoi faut-il toujours que la série se passe à paris - ou dans de grandes villes comme Bordeaux - et pas dans mon coin pour changer ? XD ça m'amusait tellement d'imaginer Methos face à nos bonnes vieilles vaches, quelque chose à quoi le confronter de très terre à terre (avec à côté ce mystère...)
D'ailleurs pour spoiler un peu, Methos doit passer par ma ville (Besançon) dans la suite de l'histoire Razz (mais je ne me mettrai pas dans l'histoire je vous rassure) lol
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